19 février 2015

Rente ricardienne et règle d'Hotelling : comment un économiste classique voit les ressources naturelles

Economie et finance des ressources naturelles non-renouvelables : quand extraire ? quand attendre ?
Imaginez que vous découvriez dans votre jardin un gisement de pétrole, une veine de charbon, filon de cuivre ou une autre ressource naturelle non-renouvelable : que devez-vous en faire ? L'exploiter immédiatement ? Attendre qu'il gagne de la valeur ? Voilà un vrai problème économique.

Si vous comptez sur les économistes classiques et néoclassiques pour vous aider à faire votre choix, vous allez sans doute être déçu. Mais je vais quand même vous présenter les deux modèles qu'ils proposent : celui de Ricardo et celui d'Hotelling.


Exploitez dès que les coûts d'extraction sont inférieurs au prix du marché (Ricardo) 


Quelque part dans le grand livre des manques d'intuition des pères de l'économie trône cette citation fameuse de Jean-Baptiste Say :

Les richesses naturelles sont inépuisables, car, sans cela, nous ne les obtiendrions pas gratuitement. Ne pouvant être ni multipliées ni épuisées, elles ne sont pas l’objet des sciences économiques."

Pour les premiers économistes, dont Say, l'idée même de ressources épuisable est obscure. Lorsque David Ricardo parle des ressources minières (Des principes de l'économie politique et des impôts, 1823), c'est pour renvoyer à ce qu'il a déjà dit sur sur la terre. Son modèle, extrêmement simple, utilise le même raisonnement que pour décider de cultiver ou non un terrain, autrement dit il ne fait aucune différence entre ressource renouvelable et non-renouvelable.

Le principe : A un instant t, vous pouvez vendre votre ressource au prix du prix du marché (appelons-le p(t), comme prix) à condition de l'extraire, ce qui a un coût (c(t), comme coût). Vous allez donc gagner (ou perdre si le coût d'extraction est supérieur au cours de la ressource) p(t)-c(t). Cette différence définit le prix de la ressource en terre que l'on note λ(t).
Pour Ricardo, vous avez intérêt à extraire votre ressource dès que λ(t) est strictement supérieur à zéro, c'est à dire dès que le prix d'une unité de ressource est supérieure au coût de son extraction.

13 février 2015

ISR, green bonds, divestment... Et si, finalement, la finance sauvait le climat ?

Finance et changement climatique : divestment, risque carbone, activisme actionnarial
Vous n'associez pas a priori Standard & Poor's à la lutte contre la changement climatique ?
Vous avez peut-être tort : en avril, l'agence de notation doit rendre publique sa nouvelle méthodologie pour intégrer les risques liés au changement climatique dans ses recommandations. Imaginez ce qu'il se passerait si, d'un seul coup, les entreprises qui émettent le plus de gaz à effet de serre ou qui sont mal préparées au changement climatique voyaient leurs notes baisser... Cette annonce sera peut-être l'un des signes forts sur le chemin de la COP21 !

Les financiers de plus en plus sensibles aux risques climatiques


Refuser de placer son argent dans les industries les plus polluantes ou le retirer progressivement (le désinvestissement ou "divestment" en anglais) était jusqu'à assez récemment un comportement militant. Les universités anglo-saxonnes, poussées par leurs étudiants et professeurs, s'y sont illustrées depuis quelques années comme d'autres fonds déjà impliqués dans l'investissement socialement responsable.
Mais depuis le sommet de New York en septembre 2014, c'est l'ensemble de l'industrie financière qui commence à s'intéresser au climat, et le prendre en compte dans les décisions d'investissement est de moins en moins tabou... Dans une étude récente, Novethic a recensé les investisseurs internationaux qui ont pris des engagements en matière de changement climatique. Résultats :

"550 banques, assurances, fondations, etc. gérant plus de 22.000 milliards d'euros se sont déjà engagées pour le climat."




Pourquoi ? Parce que les investisseurs perçoivent désormais des risques réels pour la valeur de leurs portefeuilles :
  1. Risque carbone, c'est-à-dire le risque de voir les entreprises très émettrices en gaz à effet de serre perdrent de la valeur parce que de nouvelles réglementations rendent leurs opérations plus difficiles, voire remettent en cause leur business-model. Les premiers concernés sont les énergéticiens qui détiennent des réserves de pétrole, de charbon ou de gaz : ces actifs ont-ils encore une valeur alors que la communauté internationale s'est engagée à limiter le réchauffement à 2°C, ce qui implique de laisser dans le sol un tiers des réserves de gaz, deux tiers de celles de pétroles et 80% du charbon ?
  2. Risque climat, c'est-à-dire le risque que le changement climatique mette des entreprises en difficulté. C'est par exemple le cas de l'agro-alimentaire : est-il réellement préparé pour faire face à une baisse des rendements agricoles ou à un accès plus difficile à l'eau ?
Standard & Poor's ne fait finalement que suivre le mouvement. A partir du printemps ses avis devraient prendre en compte ces deux types de risques, avec un très fort effet de levier : la dégradation de la note des entreprises carbo-intensives va rendre instantanément plus difficile les investissements dans de nouvelles énergies fossiles comme les sables bitumineux ou le gaz de schiste. A l'inverse, les entreprises résilientes au changement climatique ou peu émettrices pourront accéder plus facilement aux fonds.


Et après ? Comment mettre (et garder) le secteur financier sur la voie des 2°C ?


Il est bien entendu trop tôt pour ce réjouir. Cette évolutions pose de nombreuses questions : Comment mesurer l'empreinte carbone d'un portefeuille ? Peut-on décliner dans le domaine de la finance l'objectif des 2°C ? En particulier, comment faire en sorte, non seulement de ne plus investir dans les activités polluantes, mais aussi de financer celles qui permettent la transition comme l'efficacité énergétique ou les énergies renouvelables ?
Une question très concrète par exemple : faut-il réellement désinvestir ? Certes ça rendra la vie des pétroliers plus difficiles mais ça ne les incitera pas vraiment à améliorer leurs pratiques. Ne vaudrait-il pas mieux continuer à investir dans le secteur des énergies fossiles mais seulement chez les "best in class", les entreprises qui font de réels efforts ?
De nombreux travaux sont en cours sur ces sujets, notamment chez le World Ressource Institute qui devrait les publier pendant la Climate Week en mai prochain.

Enfin, et surtout, la finance est une affaire d'anticipation. Si le secteur bouge aujourd'hui, c'est parce qu'il anticipe des réglementation plus sévères. Il ne continuera pas longtemps dans cette voie si la mobilisation de la société civile s’essouffle ou si les gouvernements semblent incapables de limiter réellement les émissions de gaz à effet de serre.
Un changement important est peut-être en train de prendre forme mais il reste fragile... et notamment conditionné à la réussite de la conférence de Paris sur le Climat !

Illustration : By Harald Bischoff (Own work) [CC BY-SA 3.0], via Wikimedia Commons

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09 février 2015

Combien d'années de pétrole ? Et autres questions sur les stocks de ressources non-renouvelables

J'ai déjà consacré plusieurs articles aux liens entre énergie et croissance économique. Je dois dire que c'est un sujet qui m'intéresse particulièrement en ce moment. Je vais sans doute y revenir dans les semaines qui viennent mais j'aimerais d'abord faire, disons, une remarque liminaire.
Combien d'années les réserves de ressources non-renouvelables peuvent-elles soutenir notre économie ? C'est une question très intuitive, y répondre devrait être un pré-requis pour tous les choix économiques - un peu comme on jette un coup d'oeil au niveau de batterie de son portable avant de sortir ou au réservoir de sa voiture avant un trajet... Et pourtant, j'ai eu beaucoup de mal à trouver une réponse satisfaisante à cette question. Pour la plupart des ressources les chiffres sont introuvables : combien d'années de consommation de charbon, de tugstène, d'étain ou d'aluminium nous reste-t-il ? Bonne chance pour trouver une réponse... Et lorsque les chiffres existent, comme c'est le cas pour le pétrole, il me semble que le mode de calcul est fondamentalement en contradiction avec nos attentes économiques.

23 janvier 2015

Fiche de lecture : "Bidoche" de Fabrice Nicolino

Il faudrait une bonne dose d'angélisme pour croire que la barquette de 2 tranches de jambon à 1.10€ du supermarché cache une belle histoire. Si vous voulez aller au-delà de ce pressentiment, Bidoche est fait pour vous.


Rapide histoire de l'industrie de la viande


Bidoche - l'industrie de la viande menace le monde (fabrice Nicolino)D'après les calculs de Fabrice Nicolino, 1.046.562.000 animaux ont été abattus en France en 2007. Oui plus d'un milliard ! Et presque tous issus de l'élevage industriel (99.5%). Comment en est-on arrivé à ces chiffres ahurissants ?

Cette révolution, comme beaucoup, prend naissance aux États-Unis. Elle commence avec l'industrialisation à la fin du XIXe siècle des abattoirs, ceux de Chicago notamment où débouchent par centaines de milliers les bovins élevés dans les grandes plaines. Pour les décrire, on aimerait parler de fordisme ou de taylorisme mais ce serait anachronique - puisque c'est la révolution productiviste des abattoirs qui a inspiré Ford, et pas l'inverse. Mais l'idée est là : un animal entre, et au bout d'une "chaine de désassemblage", de la viande sort.
Un tel système ne pouvait que fasciner l'Europe alors qu'elle sort de la Seconde Guerre Mondiale appauvrie et au bord de la famine. Grâce à des conditions environnementales favorables, la France peut envisager de remplacer en Europe les importations de viande américaine, elle s'y attelle rapidement : l'INRA est crée dès 1946. Grâce à toute une palette d'innovations, de la sélection génétique à la construction de hangars climatisés permettant de s'affranchir des saisonnalités en passant par l'injection d'hormones et l'optimisation de l'alimentation, les résultats sont formidables : en 1950, il faut 110 jours pour obtenir un poulet de 1.3 kilo, en 1978 on atteint 1.8kg en 50 jours... avec deux fois moins d'aliments !

La suite est finalement banale, c'est l'histoire d'une industrie qui gagne en puissance au point de pouvoir défier la santé publique, qui se mondialise et se financiarise, perd contact avec le sens de son activité et ses territoires... On pourrait sans doute écrire à peu près la même chose de tous les secteurs industriels, sauf qu'ici on transforme de la matière vivante, pour alimenter des êtres vivants.


Des limites depuis longtemps dépassées


Loin d'être triomphante, l'industrie de la viande connait des crises à répétition dont la plupart sont structurelles. La perte de biodiversité (20% des races d'élevage sont en voie de disparition selon l'ONU) et la concentration des animaux la met à la merci d'une épidémie qui, on l'a vu avec la vache folle ou avec la fièvre aphteuse, peut entrainer la destruction de tout le cheptel à l'échelle d'un pays. La recherche du profit au prix de systèmes toujours plus optimisés et complexes crée des vulnérabilités telle qu'une petite variation de cours est susceptible d'avoir des conséquences économiques et sociales disproportionnée, tout l'inverse de ce qu'il faudrait alors que nous nous apprêtons à entrer dans une ère de changement climatique.
Et s'il faut reconnaitre un mérite à Fabrice Nicolino, c'est que les événements lui ont largement donné raison : le scandale de la viande de cheval ou encore la faillite des abattoirs (dont Gad, le plus médiatisé) ont tristement confirmé son diagnostic.

Mais la production de viande fait face à une limite encore plus préoccupante : la capacité physique de notre planète à supporter cette industrie. Elle a atteint des dimensions telles que l'élevage représente 20% de l'ensemble de la biomasse animale de la planète ! Il faut nourrir cet immense troupeau, notamment avec du soja dont les champs grignotent rapidement la forêt amazonienne : la production des 92kg de viande que le français moyen absorbe chaque année, nécessite 500m² de culture de soja. A l'autre bout de la chaine, les rejets de l'élevage perturbent les grands cycles naturels, notamment ceux de l'azote (composant des nitrates) et du carbone (impliqué dans le changement climatique). L'élevage émet aujourd'hui 9% du CO2 d'origine humaine, 37% du méthane et 64% de l'ammoniac.
Le pire c'est que la demande de viande est appelée à croitre à mesure que le niveau de vie des pays du sud s'élève. Difficile dans ces conditions d'envisager autre chose qu'un crash écologique si la consommation de viande des pays riches ne baisse pas de façon radicale.


Des animaux et des hommes


Cependant, contrairement à ce que laisse penser son sous-titre ("l'industrie de la viande menace le monde"), ce n'est pas réellement l'impact environnemental de la consommation de viande qui est le cœur du livre mais bien sa dimension humaine.
En premier lieu il s'agit des ravages parmi les petites mains de l'industrie : citant une étude de l'InVS, l'auteur rappelle que près de la moitié des salariés des abattoirs bretons ont eu un accident du travail et que 92.8% connaissent des troubles musculo-squelettiques, sans parler des conséquences psychologiques de la mise à mort mécanique d'êtres vivants 8 heures par jour. Ensuite viennent les effets sur la santé et la longue liste des maladies liées de façon certaine ou probable à la surconsommation de produits animaux même de bonne qualité. A ces maladies, il faut encore ajouter les problèmes sanitaires posé par l'élevage industriel : résistance aux antibiotiques, pollution de l'eau de boisson, conséquences encore largement inconnues de l'utilisation d'hormones ou d'autres produits destinés à accélérer la croissance.

Enfin et surtout un pressentiment apparait comme un fil rouge tout au long du livre, celui que la cruauté envers les animaux est le révélateur d'un manque de considération pour l'homme, comme si le massacre de ceux-ci rendait possible le massacre de ceux-là ainsi que l'illustre la citation (sans doute apocryphe) de Tolstoï : "Tant qu'il y aura des abattoirs, il y aura des champs de batailles". Il faut dire que les promoteurs de l'industrialisation n'ont rien fait pour démentir ce sentiment, à l'instar de Bertrand Vissac qui décrivait un "processus de sélection" des paysans rappelant dangereusement celui des animaux ou de Raymond Février discutant (à 23'40) avec un journaliste de la possibilité de transposer à la société humaine les méthodes de l'élevage industriel ("rien n'est impossible, mais il y a des obstacles").


En conclusion


Très bien documenté, ce livre a les défaut de ses qualités : on a souvent l'impression que l'auteur privilégie la quantité à la qualité. Dès le premier chapitre, c'est une avalanche de détails sordides sur la vie des animaux d'élevage où l'on passe, littéralement, du coq à l'âne. S'agit-il d'un procédé rhétorique pour amener le lecteur à la nausée avant de lui délivrer la suite du message ? Non, le reste du livre obéit à la même absence de construction : on saute d'un sujet à l'autre, puis on y revient un peu plus tard... l'auteur papillonne, nous laissant le soin de tirer un fil conducteur cohérent de son accumulation d'information. Finalement on a l'impression de lire une introduction de 350 pages avant que le vrai sujet ne soit abordé... en conclusion. Ce n'est en effet que dans les toutes dernières pages que l'auteur nous parle des alternatives, citant par exemple le Réseau Agriculture Durable.

D'autres livres sur l'écologie, le développement durable ou l'énergie ? Consultez la bibliothèque !


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16 janvier 2015

En route vers la COP21 : tous les évènements avant la conférence de Paris sur le climat

Pendant la première quinzaine de décembre 2015, la France accueillera la 21e conférence de l'ONU sur le changement climatique (alias COP21). Cet événement exceptionnel - 40.000 personnes venant de près de 200 pays se réuniront à Paris pour tenter de parvenir à un traité limitant les émissions de gaz à effet de serre - sera précédé pendant toute l'année 2015 par une foule de rendez-vous, de conférences et de mobilisations destinées aux professionnels comme au grand public.

A vos agenda, voici toutes les dates à retenir...

14 janvier 2015

[Article invité] Après l'inauguration d'une centrale équipée : le "charbon propre", déjà une réalité ?

Clara Kayser-Bril est ingénieur, spécialiste de l’accès à l’électricité dans les pays en développement. L’impact environnemental du système énergétique mondial est une problématique à laquelle elle s’intéresse particulièrement : peut-on concilier énergie pour tous et développement durable ?


Les premiers kWh au "charbon propre" arrivent sur le réseau


Boundary Dam 3 (centrale électrique à charbon avec captage et séquestration du carbone)
Brûler du charbon pour produire de l’électricité, c’est à peu près ce qui se fait de pire pour le climat : à chaque kilowatt-heure produit, l’équivalent de 900 g de CO2 est envoyé dans l’atmosphère – deux fois plus qu’avec du gaz naturel, trente fois plus qu’avec du solaire photovoltaïque. Mais, grâce à une technologie peu coûteuse et bien maîtrisée, le charbon continue de séduire, en permettant notamment de produire à bas coût l’électricité dont ont tant besoin les pays émergents. Et les réserves mondiales de charbon sont suffisantes pour plus d’un siècle.
C’est pour tenter de réconcilier énergie abondante et protection environnementale qu’est né le concept de "charbon propre" : capter le CO2 émis par la combustion du charbon, le stocker en lieu sûr, et voilà l’une des technologies les plus polluantes de la planète devenue quasi-inoffensive.

Testé à petite échelle depuis une dizaine d’année, le "charbon propre" serait-il en passe de devenir une réalité ? Oui, serait-on tenté de répondre après la mise en service en octobre dernier de la première centrale à charbon de taille industrielle intégrant un dispositif de captage et stockage de CO2 (CSC).

12 janvier 2015

Quel sera l'évenement ou la tendance de 2015 dans le développement durable ? 5 blogueurs répondent.

Que nous réserve 2015 ? RSE, protection de l'environnement, changement climatique... Quels sont les sujets qui feront l'actualité ? Dans le domaine du développement durable, cette nouvelle année est porteuse de beaucoup d'espoirs et de nombreuses craintes.

Pour comprendre ces enjeux, j'ai demandé à quatre blogueurs aux profils variés mais tous intéressés par les questions environnementale et sociales quelle sera selon eux l’événement ou la tendance qui marquera l'année 2015.
Je vous laisse découvrir leurs avis...



"Les entreprises nous aideront à moins consommer." - Responsabilité sociale



En ce début d'année 2015, je dois avouer qu'à défaut d'être sûr qu'elle sera déterminante, j'espère qu'une tendance forte sera celle de la prise de conscience grandissante par les entreprises de la raréfaction des ressources.

Cela paraît être une évidence, tant il est vrai que nous pouvons lire partout que les ressources de la planète sont de moins en moins disponibles, que les réserves s'épuisent. Si nombreux sont ceux qui ont conscience de ce phénomène, nombreux sont également ceux qui agissent comme si de rien n'était.
En 2014, le Jour du dépassement - Overshoot Day - qui marque dans une année la date théorique à laquelle l’humanité a consommé l’équivalent des ressources naturelles que peut produire la Terre en un an sans compromettre leur renouvellement, a eu lieu le 18 août. Ce qui signifie que nous avons vécu pratiquement 4 mois et demi "à crédit". Et ce sera pire en 2015, vraisemblablement 3 jours plus tôt.

Je suis persuadé que les entreprises ont un rôle clé à jouer, si elles intègrent ces considérations de raréfaction des ressources dans leur stratégie. Par exemple en orientant leur business model vers l'économie circulaire, l'économie collaborative ou encore l'économie de la fonctionnalité. Il est possible pour une entreprise d'influencer la façon de consommer de ses clients. Et faire consommer moins ne signifie pas nécessairement voir son bénéfice baisser. Il s'agit simplement de miser sur l'innovation pour proposer des produits de meilleure qualité, répondant de manière plus simple à nos besoins, accompagnés d'un service à la clientèle hors norme.
2015 pourrait être l'année où les entreprises nous aideront à moins consommer.


"L'arrivée de la Chine va bouleverser le jeu." - Chinoiseries



Deux fois plus peuplée que l'Union Européenne, la Chine est devenue en 2014 la première économie mondiale à parité de pouvoir d'achat en dépassant les États-Unis. C'est un mastodonte qui pèse lourdement dans toutes les questions environnementales - elle est devenue il y a déjà une dizaine d'année le premier émetteur de gaz à effet de serre tout en restant considérée comme un pays du Sud, donc sans obligations de réductions.
Pendant longtemps la position chinoise a été de faire passer le développement économique avant toute considération environnementale ou sociale. Cette position est-elle en train de changer ? Les chinois se montrent de moins en moins tolérant vis-à-vis des dégradations de leur environnement et leur économie semble entrer en transition : la croissance, folle depuis un quart de siècle, se calme, les industries low cost s'exilent vers le Viet-Nam ou le Bangladesh et le pays tente une montée en gamme qui peut se jouer aussi sur le plan de la durabilité.
Difficile de prévoir quelles seront les conséquences si la Chine décide de s'impliquer réellement dans la gouvernance mondiale de l'environnement, mais une chose est sure : son arrivée va bouleverser le jeu. Car ce sera l'entrée en scène d'un poids-lourd, mais surtout d'une nouvelle civilisation, dotée de sa propre manière de concevoir la place de l'homme dans le monde et ses relations avec la nature.



"L'année de tous les dangers, attention implosion !" - D'Dline 2020



Au chapitre Économie tout d’abord, aucune embellie en matière de croissance, bien au contraire, on parlera sans doute de déflation voire de décroissance. De surcroît 2015 pourrait bien être le théâtre d’une nouvelle crise financière comme le prédit Jacques Attali depuis mai 2014… « So, here we are ? »
Au chapitre Social l’atmosphère politique devrait être plus qu’atone après les cinglantes désillusions des français tout au long de 2014. Le Politique est en crise de sens et son pilotage plus qu’incertain : le chômage, lui, galope toujours et il pourrait bien gagner le tiercé du désengagement irréversible des français … « Attention, implosion ! »
Au chapitre Environnement seul le Climat devrait malheureusement réchauffer nos sueurs froides avec à la clé 2° de + sur Terre d’ici la fin du siècle… Notre sort est aujourd’hui plus qu’hier entre les mains des plus gros pollueurs de la Planète à savoir les États-Unis et ses toutes nouvelles richesses fossiles et la Chine, acculée dans son propre pays par une sidérante pollution… « Quand Géostratégie rimera-t-elle avec Compromis ? »
Bon, parce que vous êtes sûrement nombreux comme moi à avoir envie d’y croire, voici quelques notes d’espoir :
  • l’avenir de l’économie est dans le partage et l’ESS reste à construire !  
  • l’avenir de l’emploi est dans la débrouille : amateurs de DIY, l’avenir est à vous !
  • l’avenir du climat et de l’environnement se joue à Paris en 2015 : ce sera l’année des accords durables ! "De quoi passer l'année tranquille"

"Économiser, créer, recycler est devenu classe." - Eco-créateurs



Pour prédire un peu l'avenir, il faut déjà regarder dans le passé, l'évolution que nous menons et vers quoi nous tendons. Je ne pense pas que l'année 2015 sera tellement différente de 2014. J'ai d'ailleurs été bien déçue (entre autre) par les non-prises de décisions des gouvernements sur le réchauffement climatique et ça devient vraiment urgent. Mais on sait tous que pour avancer, il ne faut pas toujours compter sur les autres n'est-ce pas?

Cependant, de plus en plus de personnes s'investissent pour la cause environnementale et ça s'en ressent.
Je me souviens, gamine, les routes étaient pleines de détritus... Aujourd'hui il devient rare de voir une personne jeter quelque chose volontairement ou aux yeux de tous par terre. On sait que c'est mal et c'est devenu aussi mal-vu.
Tout le monde aujourd'hui connait les enjeux environnementaux et on sait tous qu'il faut que chacun apporte sa contribution tel un colibri dans une histoire africaine, et ce, grâce à internet. Il faut vraiment venir d'une autre planète pour ne pas être au courant !
Grâce à la crise également, les gens ont peu à peu délaissé la surconsommation, se sont entraidé, ont commencé à fabriquer les choses elles-mêmes... Et puis finalement, un ami leur a dit que c'était écolo, et vu que ça met notre conscience plus tranquille et que c'est très bien vu, finalement, économiser, créer, recycler est devenu classe. Ce que l'on aurait pu voir comme péjoratif il y a encore peu, est aujourd'hui devenu une mode.

La démocratisation des sites de partage comme le covoiturage, les amaps, les sites de deuxièmes mains et autre... Sont tous écolos et éconos, deux enjeux actuels qui se diffusent de plus en plus... font que je suis certaine qu'en 2015, il y aura encore beaucoup de sites, d'associations et de partages qui se créeront.
Seul l’État verra cela d'un mauvais œil (et les grosses industries) finalement, puisque les bénéfices reviennent au peuple et forcément moins à eux... Il va juste falloir donc faire attention à ne pas se faire tout prendre et taxer parce que ça arrive vite malheureusement.
En 2015, soyons simplement malin, soyons écolos, éconos, prêteurs, aidant son prochain en étant plus équitable et ne donnant plus toujours aux mêmes.


Et pour conclure rapidement sur mon propre avis...


Avec la COP21, 2015 verra une des toutes dernières chances d'endiguer le changement climatique avant que l'effet de serre entraine des effets ingérables. La probabilité d'un accord à la mesure de cet enjeu est faible mais quoiqu'il en soit je crois que cette année devrait être celle d'un sursaut : sursaut des Etats, peut-être, avec de réels engagements pour lutter contre les émissions de CO2 et contre leurs conséquences déjà perceptibles, mais plus probablement sursaut de la société civile.
Peut-être cette année réaliserons nous, contraints et forcés, que nos institutions ne peuvent pas seules défendre l’intérêt général. Dans le domaine environnemental, comme dans bien d'autres, nous ne pouvons pas déléguer tous nos problèmes à une autorité chargée de nous guider : c'est à nous de nous relever les défis et d'agir à notre niveau.


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26 décembre 2014

Vous recherchez des bonnes résolutions écologiques pour 2015 ? Voici 7 idées originales.

Bonnes résolutions ecologiques et durables pour 2015


Prendre le bus, couper l'eau quand vous vous brossez les dents et éteindre la lumière en sortant. Fin de l'affaire ?
Si vous cherchez quelques idées un peu plus originales pour faire de 2015 une année verte, voici ce que j'ai en boutique...



Bonne résolution verte n°0 : 

Et si vous commenciez par respecter vos (autres) résolutions ?

Arrêter de fumer, moins boire, manger plus sainement... rien à voir avec l'environnement ? Détrompez-vous : ce qui est mauvais pour vous est rarement bon pour la planète (et vice-versa).
  • La culture du tabac est responsable de la déforestation de 200.000 hectares par an et fait concurrence à l'agriculture vivrière : les surfaces utilisées pour produire du tabac pourraient nourrir 10 à 20 millions de personnes. Le tabac est ailleurs une plante fragile, nécessitant de nombreux traitements chimiques.
  • La fabrication d'alcool a elle-aussi besoin de grandes surfaces pour des cultures souvent très friandes en eau. Et la récolte finira en grande partie sous forme de déchet : pour 1 litre de tequila, par exemple, 5kg de déchets solides et 7 à 10 litres d'eau contaminée sortent également de la distillerie. A cela s'ajoute l'empreinte carbone liée au transport et à la réfrigération.
  • Faut-il revenir sur le cas de la malbouffe ? Selon l'ADEME, les produits alimentaires sont la troisième source de gaz à effet de serre en France, pratiquement à égalité avec le transport. Cuisiner vous-même des produits locaux et de saison est bon à la fois pour vous, votre famille et votre environnement...
"Ma bonne résolution verte pour 2015 : prendre soin de moi, et de la planète."
http://ctt.ec/Xc1Lo



Bonne résolution verte n°1 : 

Passer du café au thé

Restons un instant sur l'alimentation : vous êtes plutôt thé ou café ?
Derrière ce choix anodin se cachent des montagnes d'eau : il faut 21.000 litres d'eau en moyenne pour produire un kilo de café contre "seulement" 9.200 pour un kilo de thé. En remplaçant ses 5kg de café annuel par 5kg de thé, le français moyen économiserait donc 60.000 litres d'eau par an. C'est l'équivalent d'un bain par jour !
Alors... Chiche que vous remplacez votre café de 14h par une tasse de thé ?

"Ma bonne résolution verte pour 2015 : remplacer mon café par un thé !"
Tweet: Ma bonne résolution verte pour 2015 : remplacer mon café par un thé ! http://ctt.ec/7L8cx+ via @EnergieDevlpmt



Bonne résolution verte n°2 : 

Taper l'adresse web de vos sites préférés dans la barre d'adresse


Alors d'accord, comme ça, ça peut avoir l'air un peu bête. Mais combien sommes-nous à passer par un moteur de recherche pour aller sur des sites dont nous connaissons parfaitement l'adresse web comme facebook.com, lemonde.fr ou autres du même genre. Ce petit détour n'est pas neutre : selon une étude fameuse (et vigoureusement contestée par le premier intéressé), faire deux recherches sur Google consomme autant d'énergie que de chauffer une bouilloire d'eau.
Et si vous n'y arrivez vraiment pas, vous pouvez toujours faire d'Ecosia votre moteur de recherche par défaut : cette entreprise allemande compense l'empreinte carbone de vos recherches et verse 80% de ses bénéfices à des projets de reforestation.

"Ma bonne résolution verte pour 2015 : mieux utiliser les moteurs de recherche."
Tweet: Ma bonne résolution verte pour 2015 : mieu utiliser les moteurs de recherche ! http://ctt.ec/oOUD9+ via @EnergieDevlpmt



Bonne résolution verte n° 3 :

Participer à la mobilisation avant la conférence de Paris


En décembre 2015, Paris accueillera la 21e conférence internationale sur la climat (alias COP21). Cette conférence doit trouver un nouveau système pour limiter les émissions de gaz à effet de serre après l'expiration du protocole de Kyoto. Et même si nous sommes tout au plus à quelques années d'une catastrophe irréversibles, c'est peu dire qu'elle n'est pas très bien engagée. Il reste quelques mois pour faire pressions sur les décideurs politiques, et même pour les plus paresseux c'est l'occasion ou jamais de s'engager : tout se passe a coté de chez vous !
Vous pouvez bien sur choisir une organisation de protection de l'environnement ou une organisation humanitaire (qui font déjà face aux conséquences du changement climatique) mais vous aurez aussi l'embarras du choix parmi les initiatives et de manifestations ponctuelles : l'Armada pour le climat, "The place to be", la "climate week" du WWF en mars, "My cop in Paris" pour les étudiants, "One earth, one tree", "Black market for usefull knowledge" en octobre... Les occasions de vous informer et de vous impliquer ne vont pas manquer dans les prochains mois !

"Ma bonne résolution verte pour 2015 : m'engager pour le climat avant la COP21 à Paris !"
Tweet: Ma bonne résolution verte pour 2015 : m'engager pour le climat avant la @COP21 à Paris ! http://ctt.ec/ZT7c5+ via @EnergieDevlpmt




Bonne résolution verte n°4 : 

Suivre un cours en ligne sur le développement durable


C'est l'une révolution de ces dernières années : grâce aux MOOC, les cours en ligne ouverts et massifs, vous pouvez suivre gratuitement des formations dispensées par les meilleures universités du monde. Pourquoi ne pas en profiter pour vous mettre à jours sur les problématiques environnementales et approfondir en interagissant avec des étudiants des quatre coins du monde ? Ce n'est pas le choix qui manque en ce début d'année :
"Ma bonne résolution verte pour 2015 : suivre un cours en ligne sur le développement durable."
Tweet: Ma bonne résolution verte pour 2015 : suivre un cours en ligne sur le développement durable. http://ctt.ec/8rdtd+ via @EnergieDevlpmt



Bonne résolution verte n°5 : 

Et si vous vous y mettiez aussi à votre travail ?

La création de politiques de développement durable dans les entreprises est une très bonne chose, mais elle a parfois fait oublier que rien n'est possible sans l'ensemble des salariés. Au-delà des génériques "mettre votre ordinateur en veille", "éteignez la lumières dans les toilettes".... il y a sûrement des choses à faire dans votre domaine professionnel pour le rendre un peu plus écologique, et personne ne peut le savoir mieux que vous dont c'est le métier.
Prenez deux minutes pour y réfléchir. Et parlez en à vos collègues ou à votre responsable développement durable si votre entreprise en a un : je peux vous garantir qu'au moins vous lui ferait plaisir...

"Ma bonne résolution verte pour 2015 : m'y mettre aussi au travail !"
Tweet: Ma bonne résolution verte pour 2015 : m'y mettre aussi au travail ! http://ctt.ec/65_J2+ via @EnergieDevlpmt

 

Bonne résolution verte n°6 : 

Mettez-vous au défi !

Même avec beaucoup de bonne volonté, rien n'est plus difficile à changer qu'une habitude. Une bonne stratégie : évitez les grands mots ("plus jamais", "toujours", etc.) et mettez vous au défi pour un temps limité.  est de se mettre au défi pour un temps limité. Ne dites pas que vous n'utiliserez plus jamais que les transports en commun mais essayer de vous passer une semaine de votre voiture. Peut-être que vous vous apercevrez que c'est plus facile que prévu... et si ce n'est pas le cas vous aurez au moins essayé !

"Ma bonne résolution verte pour 2015 : je me met au défi !"



Si vous voulez un peu d'inspiration, je vous propose 15 défis. Pourrez vous les relever cette année ?



Vous en voulez encore ? Jetez un coup d'œil à mes propositions de bonnes résolutions écologiques pour l'année dernière. Vous pouvez également partager vos idées en commentaire, je les ajouterai à l'article !


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En dehors des négociateurs, pour obtenir son billet d'entrée dans une conférence sur le climat, il faut représenter une organisation appartenant à l'un des collectifs reconnus par l'ONU. Par exemple le collectif dit BINGO (sic) constitué des entreprises et de leurs groupement, ENGO pour les organisations de protection de l'environnement, TUNGO pour les syndicats, LGMA pour les collectivités locales, etc.
La liste des organisations accréditées est disponible sur le site de l'UNFCCC. C'est une mine de renseignements pour se faire une idée des personnes qui arpentent les couloirs des conférences sur le climat.
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Disclaimer : Il n'est pas possible de mettre tout le monde... J'ai essayé de maintenir un bon équilibre entre quantité et qualité mais si vous avez des suggestions ou des bonnes adresses à proposer, n'hésitez pas !