21 mai 2015

Business & Climate Summit : ce qu'il faut en retenir

1) On est d'accord sur les principes


Tous les intervenants se sont entendus sur au moins quelques points : l'objectif de zéro émissions pour la seconde moitié du siècle, l'absurdité des subventions aux énergies fossiles, la nécessité d'un prix du carbone et urgence de se préparer aux effets du réchauffement. Rien de bien révolutionnaire mais ce consensus est quand même remarquable de la part de la trentaine de PDG et de ministres intervenus hier.

2) Un peu moins sur les détails...


Mais le consensus s'arrête vite lorsqu'on commence à creuser : A quelle date les émissions de gaz à effet de serre devront-elles avoir disparu ? Quels sont les moyens à mettre en oeuvre ? Quel prix donner au carbone ? Selon quels mécanismes ?
En particulier, il y a une fracture évidente entre ceux qui demandent une taxe sur le carbone et ceux qui croient encore aux permis négociables et aux marchés.
Sur ce sujet, on notera la position d'Angel Gurria (le secrétaire général de l'OCDE) qui défend vigoureusement une taxe carbone en soulignant que le marché de crédits négociables n'a manifestement pas fonctionné en Europe. Je doute que tout le monde dans la salle ait partagé son avis.
 

3) Les pétroliers génés aux entournures


Evidemment cette ébauche de consensus remet directement cause le business model de certaines industries. C'est le cas notamment du secteur des hydrocarbures qui était pourtant bien représenté. Pour eux, l'exercice a vite montré ses limites.
On peut aussi ranger dans cette catégorie le ministre du pétrole de l'Arabie Saoudite qui, malgré une formule fracassante, s'est employé à montrer qu'il ne faut surtout rien faire pour diminuer la consommation d'hydrocarbures.
Les pétroliers ne sont pas les seuls pollueurs me direz vous. Oui, mais ils ont été les seuls à ne pas assumer leurs contradictions. Des opérateurs de centrales à charbon ont également eu la parole mais eux au moins ont admis la nécessité d'un changement.


4) Des politiques français au taquet


François Hollande et Ségolène Royal sont intervenus le premier jour, respectivement en ouverture et en cloture de la journée, et Laurent Fabius a conclu le sommet. Belle mobilisation gouvernementale...
Le président a tenté de donner un cahier des charges (on pourrait peut-être dire une liste au Père Noel) aux entreprises avant la COP21. La ministre de l'écologie a dressé un tableau de l'ensemble des aspects de la lutte contre le changement climatique, sujet sur lequel elle était manifestement à l'aise. Leurs interventions m'ont paru assez encourageantes.


5) Les patrons français ont un besoin urgent de cours d'anglais

19 mai 2015

[Mis à jour] Et si, finalement, la finance sauvait le climat ?

Finance et changement climatique : divestment, risque carbone, activisme actionnarial
Vous n'associez pas a priori Standard & Poor's à la lutte contre la changement climatique ?
Vous avez peut-être tort : en avril, l'agence de notation a averti que le changement climatique aurait un impact sur la solvabilité des entreprises - elle avait déjà lancé un avertissement similaire l'année dernière pour les dettes souveraines. A terme, elle pourrait prendre en compte la résilience au changement climatique dans sa méthodologie de notation : Imaginez ce qu'il se passerait si, d'un seul coup, les entreprises qui émettent le plus de gaz à effet de serre ou qui sont mal préparées aux effets du réchauffement voyaient leurs notes baisser...

Les financiers de plus en plus sensibles aux risques climatiques


Refuser de placer son argent dans les industries les plus polluantes ou le retirer progressivement (le désinvestissement ou "divestment" en anglais) était jusqu'à assez récemment un comportement militant. Les universités anglo-saxonnes, poussées par leurs étudiants et professeurs, s'y sont illustrées depuis quelques années comme d'autres fonds déjà impliqués dans l'investissement socialement responsable.
Mais depuis le sommet de New York en septembre 2014, c'est l'ensemble de l'industrie financière qui commence à s'intéresser au climat, et le prendre en compte dans les décisions d'investissement est de moins en moins tabou... Dans une étude récente, Novethic a recensé les investisseurs internationaux qui ont pris des engagements en matière de changement climatique. Résultats :

"550 banques, assurances, fondations, etc. gérant plus de 22.000 milliards d'euros se sont déjà engagées pour le climat."




Pourquoi ? Parce que les investisseurs perçoivent désormais des risques réels pour la valeur de leurs portefeuilles :
  1. Risque carbone, c'est-à-dire le risque de voir les entreprises très émettrices en gaz à effet de serre perdrent de la valeur parce que de nouvelles réglementations rendent leurs opérations plus difficiles, voire remettent en cause leur business-model. Les premiers concernés sont les énergéticiens qui détiennent des réserves de pétrole, de charbon ou de gaz : ces actifs ont-ils encore une valeur alors que la communauté internationale s'est engagée à limiter le réchauffement à 2°C, ce qui implique de laisser dans le sol un tiers des réserves de gaz, deux tiers de celles de pétroles et 80% du charbon ?
  2. Risque climat, c'est-à-dire le risque que le changement climatique mette des entreprises en difficulté. C'est par exemple le cas de l'agro-alimentaire : est-il réellement préparé pour faire face à une baisse des rendements agricoles ou à un accès plus difficile à l'eau ?
Les investisseurs sont en train de réaliser que la combinaison de ces deux risques rend les investissements dans certaines entreprises hasardeux. Et cette prise de conscience pourrait avoir un très fort effet de levier : en détournant le capital des entreprises carbo-intensives, elle peut rendre instantanément plus difficile les investissements dans de nouvelles énergies fossiles comme les sables bitumineux ou le gaz de schiste. A l'inverse, les entreprises résilientes au changement climatique ou peu émettrices pourront accéder plus facilement aux fonds.


Et après ? Comment mettre (et garder) le secteur financier sur la voie des 2°C ?


Il est bien entendu trop tôt pour ce réjouir. Cette évolutions pose de nombreuses questions : Comment mesurer l'empreinte carbone d'un portefeuille ? Peut-on décliner dans le domaine de la finance l'objectif des 2°C ? En particulier, comment faire en sorte, non seulement de ne plus investir dans les activités polluantes, mais aussi de financer celles qui permettent la transition comme l'efficacité énergétique ou les énergies renouvelables ?
Une question très concrète par exemple : faut-il réellement désinvestir ? Certes ça rendra la vie des pétroliers plus difficiles mais ça ne les incitera pas vraiment à améliorer leurs pratiques. Ne vaudrait-il pas mieux continuer à investir dans le secteur des énergies fossiles mais seulement chez les "best in class", les entreprises qui font de réels efforts ?
De nombreux travaux sont en cours sur ces sujets, notamment chez le World Ressource Institute qui devrait les publier pendant la Climate Week en mai prochain.

Enfin, et surtout, la finance est une affaire d'anticipation. Si le secteur bouge aujourd'hui, c'est parce qu'il anticipe des réglementation plus sévères. Il ne continuera pas longtemps dans cette voie si la mobilisation de la société civile s’essouffle ou si les gouvernements semblent incapables de limiter réellement les émissions de gaz à effet de serre.
Un changement important est peut-être en train de prendre forme mais il reste fragile... et notamment conditionné à la réussite de la conférence de Paris sur le Climat !

Illustration : By Harald Bischoff (Own work) [CC BY-SA 3.0], via Wikimedia Commons

Vous avez aimé cet article ? N'en ratez aucun en vous inscrivant à la newsletter mensuelle.


07 mai 2015

Rencontre avec les artisans de la COP21 - épisode 8 : Yves Mathieu et le débat citoyen planétaire

La lutte contre le changement climatique n'est pas qu'une question d'experts et les sommets de l'ONU sur le climat ne sont pas réservés aux diplomates. Chaque habitant de la planète, quelle que soit sont origine, est concerné puisqu'il est à la fois victime potentielle du réchauffement et contributeur à la réduction des émissions de gaz à effet de serre.
Mais comment prendre en compte l'avis des citoyens dans des discussions aussi complexes ? C'est à ce défi que s'attaque le "débat citoyen planétaire sur l'énergie et le climat" organisé le 6 juin avec le soutien de l'UNFCCC. Yves Mathieu, codirecteur de Missions Publiques, est un des initiateurs du projet. Il nous explique de quoi il s'agit :




Le débat citoyen planétaire est un exercice de démocratie participative d'une dimension inédite : le 6 juin, des panels de citoyens seront réunis dans plus d'une centaine de pays. Selon un protocole identique pour tous, ils échangeront leurs points de vue et répondront à 30 questions sur les enjeux de la COP21. Leurs réponses seront mises en ligne en temps réel sur le site du World Wide Views où l'on verra se dessiner au fur et à mesure que les discussions avances dans chaque créneaux horaires une opinion mondiale sur le changement climatique. Les résultats seront ensuite consolidés et analysés et remis aux décideurs lors de la conférence de Paris.

Un nouvel épisode de cette série est publié chaque jeudi. Pour n'en manquer aucun, abonnez-vous à ma chaine Youtube.
Les rencontres précédentes :
Vous recherchez d'autres événements ? Voici l'agenda de toutes les manifestions autour de la COP21.
Vous avez un projet et vous souhaiteriez apparaître dans cette rubrique ? Parlez-moi en.

Vous avez aimé cet article ? N'en ratez aucun en vous inscrivant à la newsletter mensuelle.


04 mai 2015

Pour le solaire, la Chine est un exemple... mais pas celui que vous croyez

Solaire thermique en Chine : chauffe-eau solaire sur un toit près de Shanghai
Dans le petit monde du solaire, le mois d'avril a été marqué par un brusque accès de sinophilie. Alors que la Chine s'était longtemps contenté de vendre des panneaux solaires au reste du monde, elle semble désormais décidée à développer son propre parc photovoltaïque à marche forcée. Plusieurs statistiques publiés ces derniers jours ont confirmé ce tournant avec des chiffres qui, vu de chez nous, sont à peine croyables.
On ne peut que se réjouir de cette situation mais comme souvent dans le solaire, le photovoltaïque éclipse le thermique... Or s'il faut citer les chinois en exemple, c'est surtout pour leur usage massif du chauffe-eau solaire individuel.


La Chine adopte enfin le solaire photovoltaïque...


Le 30 mars, un rapport du programme photovoltaïque de l'Agence International de l'Energie a suscité une première vague d'enthousiasme en évaluant le parc solaire photovoltaïque chinois à 38.2 GigaWattcrêtes (pour comprendre ce qu'est un Wattcrête, voir cet article) en hausse de 60% par rapport à l'année précédente. Deuxième salve le 20 avril, lorsque l'administration chinoise de l'énergie a publié les chiffres de raccordement pour le premier trimestre 2015 :  5.04GWc, soit l'équivalent de la totalité du parc français (5.7GWc en 2014).
A ce rythme, la Chine va très certainement rattraper l'Allemagne et devenir le leader mondial du solaire photovoltaïque en 2015. Pas si mal quand on sait qu'en 2011, elle faisait jeu égal avec... la Belgique. Et qu'en 2007, l'ensemble du parc chinois ne dépassait pas la puissance d'une grosse centrale solaire !

Croissance explosive du parc solaire photovoltaïque chinois entre 2000 et 2014

On peut certainement parler de croissance explosive : entre 2000 et 2014, le parc solaire photovoltaïque chinois a été multiplié par 2000 ! Mais ces chiffres doivent quand même être mis en perspective avec les dimensions de la Chine et le retard qu'elle avait accumulé : l'électricité solaire ne représente toujours qu'une fraction du mix chinois (de l'ordre de 35TWh d'après mes estimations, soit 0.7%) très largement derrière l'Italie, championne du monde en la matière avec 7.92% de son électricité d'origine solaire. Malgré son envol, le solaire photovoltaïque chinois est encore loin d'entamer la dépendance du pays au charbon. Après avoir été longtemps un immense fabricant de panneaux solaires mais un très petit installateur (un paradoxe dont je vous parlais en 2013), la Chine ne fait somme toute que rattraper son retard.
Il existe cependant un domaine dans lequel le solaire chinois est vraiment impressionnant : c'est l'usage du solaire thermique.


... mais c'est dans le solaire thermique que la Chine est vraiment révolutionnaire


La différence entre solaire photovoltaïque et solaire thermique ? Le solaire photovoltaïque, ce sont les panneaux solaires "classiques" que l'on voit régulièrement sur les toits français et qui permettent de produire de l'électricité. Le solaire thermique permet lui de produire de l'eau chaude, généralement pour des usages sanitaires ou pour le chauffage. Le principe est grosso modo le même que lorsque vous laissez un tuyaux d'arrosage au soleil et que l'eau en sort tiède quelques heures plus tard, avec quelques petits raffinements qui permettent par exemple de produire de l'eau chaude même lorsque la température extérieure est négative.

Si vous vous êtes déjà rendu en Chine, et si vous avez un oeil d'énergéticien, vous avez certainement noté l'omniprésence des chauffe-eaux solaires. Pas un toit qui en soit dépourvu même dans l'habitat collectif et dans la moitié sud du pays il n'est pas rare que ce soit la seule source d'eau chaude du domicile y compris pour la classe moyenne urbaine.
Les statistiques de l'Agence internationale de l'Energie illustrent l'avance de la Chine dans ce domaine : avec 180GW installés, elle possède les deux-tiers de la capacité solaire thermique mondiale, les États-Unis sont deuxième avec 16GW. Même en ramenant le parc à la population, la Chine reste en tête avec 33 watt par habitant contre 29 pour l'Australie (la France est loin derrière avec 2.7W/hab). Et les installations se poursuivent : en 2012, la Chine a installé 44.7GW, soit 85% des installations mondiales et autant que l'ensemble du parc existant en Europe !

Solaire thermique : 70% de la capacité mondiale est installée en Chine
Chauffe-eaux solaires près de Shanghai

Comme chauffer de l'eau est très énergivore, cet usage massif du solaire thermique permet d'importantes économies d'énergies et de carbone : en 2012, toujours, l'AIE estimait que la Chine économisait ainsi 186TWh par an. Pour comparaison, la production d'électricité renouvelable chinoise (hors hydroélectrique) était à la même époque d'environ 160TWh. La contribution du solaire thermique au verdissement de la Chine est supérieure à celle du solaire photovoltaïque, de l'éolien et de la biomasse réunies ! En terme d'empreinte carbone, le gain est tout aussi important : l'AIE l'évalue à 52 millions de tonnes de CO2 par an, soit grosso-modo l'équivalent des émissions du Portugal ou de l'Autriche. Dernière précision : le secteur emploie 3.5 millions de chinois...

De mon point de vue, la Chine est bien en train de révolutionner l'énergie solaire, mais ce n'est pas parce que le photovoltaïque y a connu quelques années de forte croissance. Au contraire alors que les pays développés s'orientaient pour la plupart vers le solaire photovoltaïque et ses nombreux problèmes, du stockage de l'électricité jusqu'au recyclage des panneaux, la Chine a résolument donné la priorité à une solution low-tech, plus simple mais aussi plus efficace.
Aujourd'hui le solaire thermique est largement adopté par les chinois et, pratiquement sans aucune aide publique, il réduit sensiblement la demande en énergie du pays et ses émissions de gaz à effet de serre. Voilà une success story que nous serions bien inspiré de méditer...

Si cet article vous a intéressé, voici quelques lectures complémentaires :

Vous avez aimé cet article ? N'en ratez aucun en vous inscrivant à la newsletter mensuelle.


30 avril 2015

Rencontre avec les artisans de la COP21 - épisode 7 : Alice Audouin et Art of Change 21

Contrairement à ce que l'on pense trop souvent, le climat ne se réduit pas à des questions politiques, économiques ou techniques. Comme toutes les questions de développement durable, la lutte contre le changement climatique interroge aussi notre façon de voir le monde et de nous voir nous-même : le passage à une société post-carbone est avant-tout un changement culturel.
Lorsque de tels bouleversements ont eu lieu dans le passé, les artistes y ont joué un rôle important. C'est en partant de ce constat qu'Alice Audouin a crée l'association Art of Change 21 dont elle nous explique la philosophie et les projets :



Art of Change 21 a sélectionné 21 "accélérateurs du changement" - artistes engagés, jeunes activistes, entrepreneurs sociaux... Et les a réuni pour imaginer une mobilisation originale autour des questions climatiques à l'occasion de la conférence de Paris sur le Climat, et au-delà... De leurs échanges sont nés 4 projets qui vont du calculateur de carbone individuel jusqu'à la construction de ponts symboliques à Paris à Rio !

Un nouvel épisode de cette série est publié chaque jeudi. Pour n'en manquer aucun, abonnez-vous à ma chaine Youtube.
Les rencontres précédentes :
Vous recherchez d'autres événements ? Voici l'agenda de toutes les manifestions autour de la COP21.
Vous avez un projet et vous souhaiteriez apparaître dans cette rubrique ? Parlez-moi en.

Vous avez aimé cet article ? N'en ratez aucun en vous inscrivant à la newsletter mensuelle.


23 avril 2015

Rencontre avec les artisans de la COP21 - épisode 6 : Vincent Laurent et Alternatiba

Vous pensez que le changement climatique est une affaire trop sérieuse pour être laissée aux politiques et aux diplomates ? C'est aussi l'avis de l'association basque Bizi ! Après l'échec des négociations lors du sommet de Copenhague, ils ont voulu se réapproprier les questions écologiques et construire leurs propres alternatives, citoyennes et locales. C'est ainsi qu'Alternatiba est né en 2013 à Bayonne avec un "village des alternatives" réunissant pendant deux jours une centaines d'organisations et plus de 10.000 participants.

Fort de ce succès la méthode a essaimé : une cinquantaine de villages Alternatiba ont déjà été organisés en France, en Espagne, en Grande Bretagne, etc. A l'occasion du sommet de Paris sur le climat, le mouvement compte bien faire entendre sa voix et promouvoir une transition écologique proche de citoyens et des territoires. C'est ce dont nous parle Vincent Laurent.


Pour sensibiliser en Ile de France, un village des alternatives sera organisé à Paris les 26 et 27 septembre prochains dans le quartier République. Il coïncidera avec l'arrivée à Paris du tour Alternatiba le 26 (5000 kilomètres à vélo au travers de la France pour mobiliser et sensibiliser) et avec la journée sans voiture organisée par la mairie le 27.
Un village mondial des alternatives aura aussi lieu pendant la COP21, les 5 et 6 décembre. Il réunira des solutions issues de nombreux territoires en France et à l'étranger, avec l'ambition affichée de faire pression sur les négociateurs...

Un nouvel épisode de cette série est publié chaque jeudi. Pour n'en manquer aucun, n'hésitez pas à vous abonner à la chaine Youtube.
Les rencontres précédentes :

Vous recherchez d'autres événements ? Voici l'agenda de toutes les manifestions autour de la COP21.
Vous avez un projet et vous souhaiteriez apparaître dans cette rubrique ? Parlez-moi en.

Vous avez aimé cet article ? N'en ratez aucun en vous inscrivant à la newsletter mensuelle.


13 avril 2015

[Infographie] Carbone, ozone, particules, soufre... Petit aide-mémoire de la pollution atmosphérique

Pics printaniers obligent, la pollution s'invite ces jours-ci dans toutes les discussions, de la machine à café jusqu'aux journaux télévisés. Mais il peut être difficile de s'y retrouver : si tous les polluants ont en commun de représenter une menace pour l'homme et l'environnement, il n'y a pas grand chose de commun, par exemple, entre les nitroxydes qui restent plusieurs mois dans l'atmosphère et le dioxyde de soufre qui disparaît en quelques heures, ou entre le dioxyde de carbone  inoffensif pour la santé (et largement responsable du changement climatique) et les particules en suspension qui sont associées à une augmentation de la mortalité...

Pour vous aider à vous y retrouver, je vous propose un aide-mémoire des principaux polluants atmosphériques et de leurs caractéristiques, une liste plus détaillée est disponible dans la suite de l'article.

CO2, NO2, SO2, PM, O3, COV... origines, effets et durée de vie des principaux polluants atmosphériques


Dioxyde de carbone

De quoi s'agit-il ? Le dioxyde de carbone (parfois appelé gaz carbonique) est une molécule composée d'un atome de carbone et de deux atomes d'oxygène. Il est noté CO₂.
Quels effets ? Le dioxyde de carbone ne représente pas de danger pour la santé mais c'est le principal facteur du réchauffement climatique. Il représente à lui seul les 2/3 des émissions de gaz à effet de serre d'origine humaine.
Quelle durée de vie ? Le dioxyde de carbone est un gaz stable, sa durée de vie dans l'atmosphère est supérieure à un siècle.
D'où vient-il ? Essentiellement de la combustion d'énergie fossiles ou d'autres matières organiques (centrales à charbon ou à gaz, voitures, chauffages thermiques, incendies...) et des cimenteries.



Dioxyde d'azote

De quoi s'agit-il ? Le dioxyde d'azote est une molécule composée d'un atome d'azote et de deux atomes d'oxygène, il est noté NO₂. On lui associe parfois d'autres oxydes d'azote (notamment le monoxyde d'azote, NO), l'ensemble est alors désigné par l'abréviation NOx.
Quels effets ? Au contact de l'eau, le dioxyde d'azote se transforme en acide nitrique. C'est donc un gaz irritant susceptible de s'attaquer aux poumons et aux yeux, il est aussi responsable de pluies acides. Enfin, il participe à la formation d'autres polluants comme l'ozone et les particules fines.
Quelle durée de vie ? La demi-vie du dioxyde d'azote est d'environ 80 jours (c'est-à-dire qu'il faut 80 jours pour que la moitié du volume émis disparaisse). Cette durée de vie est suffisante pour que les oxydes d'azote voyagent sur de longues distances : il a par exemple été démontré que les émissions britanniques étaient responsables de pluies acides en Scandinavie.
D'où vient-il ? L'air ambiant est composé majoritairement d'azote et d'oxygène qui réagissent à haute température pour former du monoxyde d'azote, lequel peut ensuite réagir à nouveau avec de l'oxygène pour donner du dioxyde d'azote. Les véhicules à moteur et, dans une moindre mesure, les centrales thermiques sont responsables de l'essentiel de la production de NOx.



Ozone

De quoi s'agit-il ? L'ozone est une molécule composée de trois atomes d'oxygène, noté O₃.
Quels effets ? Dans la stratosphère, l'ozone permet de filtrer les rayons ultraviolets du soleil mais c'est aussi un oxydant capable lorsqu'il se trouve à basse altitude (dans la troposphère) d'irriter les yeux et les voies respiratoires même à faible concentration : une augmentation de la mortalité a été démontrée lors des pics de pollution à l'ozone. Il s'attaque également aux végétaux, l'INRA estime par exemple qu'il est responsable d'une baisse de 5 à 10% des rendements du blé en Île de France, et aux matériaux oxydables. Enfin, il joue un rôle dans le changement climatique puisqu'il est responsable de 10% environ de l'effet de serre d'origine humaine.
Quelle durée de vie ? L'ozone possède une durée de vie assez courte, de l'ordre de 3 jours à 20°C.
D'où vient-il ? L'ozone est un polluant secondaire : il n'est pas crée directement par les activités humaines mais provient d'une réaction impliquant des polluants primaires (NOx, composés organiques volatils...) et le rayonnement solaire. Un bon ensoleillement est donc indispensable à sa formation.



Dioxyde de soufre

De quoi s'agit-il ? Le dioxyde de soufre est formé d'un atome de soufre et de deux atomes d'oxygène. Il se note SO₂.
Quels effets ? Le dioxyde de soufre est irritant, notamment pour les voies respiratoires. Il forme de l'acide sulfurique au contact de l'eau , il est donc responsable de pluies acides. Il peut également corroder la pierre et dégrader des bâtiments.
Quelle durée de vie ? Le dioxyde de soufre disparaît rapidement de l'atmosphère : sa demi-vie est de quelques heures.
D'où vient-il ? Le dioxyde de soufre se forme lors de la combustion d'un matériau contenant de soufre, les véhicules à moteurs et les centrales thermiques sont les principaux émetteurs. Les volcans peuvent également rejeter des composés soufrés.



Particules en suspension (PM10 et PM2.5)

De quoi s'agit-il ? Les particules en suspension (ou PM pour particulate matter) sont des poussières de très petite taille - la taille d'une bactérie voire moins. Elles sont classées en fonction de leur diamètre : PM10 pour les particules dont le diamètre est inférieur à 10 micromètres (ou 0.01 millimètre), PM2.5 pour celles dont le diamètre est inférieur à 2.5 micromètres (0.0025 mm), etc. Ces particules peuvent être formées de matières organiques, de sulfates, de suie, etc. et contenir des métaux lourds ou d'autres produits dangereux.
Quels effets ? Alors que les PM10 sont retenues au niveau du nez ou des voies aériennes supérieures, les PM2.5 sont suffisamment fines pour pénétrer jusqu'aux alvéoles des poumons. Elles peuvent déranger la respiration et sont associées à une augmentation de la mortalité. Elles contribuent également au noircissement des façades. 
Quelle durée de vie ? Les particules en suspension sont éliminées par la pluie ou en retombant naturellement au sol. En l'absence de précipitation, la durée de vie des particules peut aller de quelques heures à quelques jours (plus une particule est fine plus elle peut rester en suspension longtemps).
D'où viennent-elles ? Les particules en suspension sont produites notamment par les combustions industrielles, le chauffage, la construction et les travaux public, l'agriculture et l'automobile (en particulier les moteurs diesel). Le vent, ainsi que certaines activités humaines (circulation, nettoyage...) peuvent aussi remettre en suspension des particules tombées au sol.



Composés organiques volatils (COV)

De quoi s'agit-il ? Les composés organiques volatils sont des molécules contenant du carbone, de l'oxygène, de l'hydrogène et, éventuellement, d'autres atomes. On distingue trois familles principales :
  • Les hydrocarbures aromatiques monocycliques (HAM), par exemple le benzène.
  • Les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), par exemple le benzopyrène.
  • Les aldéhydes, dont le formaldéhyde. 
Quels effets ? Les composés organiques volatils provoquent des irritations et une diminution de la capacité respiratoire, certains sont de plus cancérigènes (c'est le cas des trois cités en exemple plus haut). Les COV peuvent également être des précurseurs de la création d'ozone.
Quelle durée de vie ? La durée de vie dans l'atmosphère est variable d'une molécule à l'autre. Elle est en général de quelques jours (environ 9 jours pour le benzène, par exemple).
D'où viennent-ils ? Les composés organiques volatils sont libérés lors de l'évaporation d'hydrocarbures liquides. Ils proviennent notamment des véhicules à moteur (remplissage du réservoir, gaz d'échappement...) et de certains procédés industriels (raffinage de pétrole, solvants industriels...). Ils représentent une part importante de la pollution intérieure (produits d'entretien, vernis, colle...).


Ce n'est pas tout...


J'ai laissé de coté dans cette liste quelques autres polluants atmosphériques moins souvent impliqués dans des épisodes de pollution, pour mémoire en voici quelques uns :
  • Le monoxyde de carbone (CO) crée lors d'une combustion incomplète, il est à la fois toxique pour l'homme et précurseur de l'ozone et du dioxyde de carbone.
  • Les métaux lourds qui peuvent se retrouver en suspension (plomb, mercure, arsenic...), ce sont des polluants persistants qui s'accumulent dans l'organisme avec des effets à long terme sur le système nerveux, les reins, le foie, les poumons...
  • Les pollens, d'origine naturelle mais susceptibles de déclencher des allergies.
  • Les dioxines, famille de molécules contenant du chlore dont certaines sont très toxiques.
  • Les pesticides utilisés par l'agriculture et susceptibles d'avoir des effets sur la santé.

Vous avez aimé cet article ? N'en ratez aucun en vous inscrivant à la newsletter mensuelle.


08 avril 2015

Rencontre avec les artisans de la COP21 - épisode 5 : Didier Saulnier et Artists 4 Paris Climate 2015

Le conférence sur le climat qui se tiendra à Paris en décembre 2015 vous semble une réalité lointaine ? Sans grandes conséquences pour votre vie quotidienne ? Détrompez-vous : derrière les négociations entre diplomates et experts se cachent des questions très concrètes sur nos modèles de société et nos conditions de vies... C'est pourquoi de nombreuses personnes s'activent déjà pour que la COP21 (le petit nom de la conférence de Paris en jargon onusien) mobilise la société civile et soit l'occasion d'un vrai débat.
Chaque mercredi, je vous propose de faire la connaissance d'une de ces personnes, de comprendre son parcours, ses convictions et les projets qu'elle défend.Pour ne ratez aucun de ces entretien, n'hésitez pas à vous abonner à ma chaine Youtube.

Et aujourd'hui, je vous invite à rencontrer Didier Saulnier qui a créé le projet Artists 4 Paris Climate 2015.


L'objectif de cette opération originale est double. D'une part, il s'agit de sortir des discours habituels sur le climat et de mobiliser en faisant appel à l'art contemporain, notamment à une trentaine d'artistes mondialement reconnus qui interviendront à Paris et en région parisienne pendant la COP21. D'autres part, Artists4Climate organisera la vente aux enchères d'oeuvres présentées pendant la conférence afin de financer des projets de lutte contre le changement climatique et la désertification dans des pays du Sud. L'art sera donc à la fois un moyen de sensibiliser et d'agir...

Les rencontres précédentes :

Vous recherchez d'autres événements ? Voici l'agenda de toutes les manifestions autour de la COP21.
Vous avez un projet et vous souhaiteriez apparaître dans cette rubrique ? Parlez-moi en.

Vous avez aimé cet article ? N'en ratez aucun en vous inscrivant à la newsletter mensuelle.


31 mars 2015

Rencontre avec les artisans de la COP21 - épisode 4 : Mathilde Imer, le WARN et la Conference of Youth

Hier, à moins de 250 jours de la conférence sur le climat de Paris, les États devaient remettre leurs propositions de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Mais la lutte contre le changement climatique se réduit-elle à des diplomates additionnant et soustrayant des tonnes de CO2 ? Derrière ces chiffres se cachent des choix de société, des habitudes de consommation, des comportement individuels... C'est pourquoi la COP21 sera aussi un grand rendez-vous pour la société civile : association environnementales, mouvements sociaux, syndicats patronaux, universitaires... vont chacun proposer leur vision de notre avenir et tenter de convaincre.
Chaque mercredi, je vous invite à faire la connaissance d'une des personnes qui s'active pour organiser cette mobilisation de la société civile, pour comprendre ses projets mais aussi sa vision et son engagement. Pour ne ratez aucun de ces entretien, n'hésitez pas à vous abonner à ma chaine Youtube.

Et aujourd'hui, je vous propose de rencontrer Mathilde Imer qui a fondé le mouvement WARN (pour We Are Ready Now) et qui travaille sur l'organisation de la COY, la conférence des jeunes qui précédera en novembre le sommet de Paris.


L'objectif du WARN va au-delà de la COP21 et des questions climatiques. En fédérant de nombreuses association - depuis Animafac jusqu'aux scouts et guides de France - il veut apporter des solutions concrètes aux problèmes des jeunes générations : emploi, santé, environnement, alimentation...
A l'approche de la COP21, le climat prend cependant une importance particulière et le WARN souhaite porter la voix et les solutions des jeunes lors de ce rendez-vous. C'est notamment lui qui organise la Conference of Youth : depuis une dizaine d'années des représentants des jeunes se réunissent dans les jours précédant les sommets de l'ONU sur le climat. Cette année, la COY11 aura lieu du 23 au 27 novembre à Villepinte, environ 10.000 personnes sont attendues !

Les rencontres précédentes :

Vous recherchez d'autres événements ? Voici l'agenda de toutes les manifestions autour de la COP21.
Vous avez un projet et vous souhaiteriez apparaître dans cette rubrique ? Parlez-moi en.

Vous avez aimé cet article ? N'en ratez aucun en vous inscrivant à la newsletter mensuelle.


25 mars 2015

Rencontre avec les artisans de la COP21 - épisode 3 : Brice Lalonde parle du Business and Climate Summit

La 21e conférence de l'ONU sur le climat, qui se tiendra à Paris en décembre 2015, n'est-elle qu'une affaire d'experts et de diplomates ? Non : c'est aussi l'occasion pour des milliers de responsables associatifs, d'entrepreneurs, de chercheurs ou d'élus de débattre de leur projets pour la planète.
Chaque mercredi, je vous propose de rencontrer une des personnes qui préparent cette grande mobilisation afin de comprendre ses projets mais aussi et surtout sa vision des questions climatiques et les raisons qui l'ont poussé à s'engager. Pour ne ratez aucun de ces entretien, n'hésitez pas à vous abonner à ma chaine Youtube.

Et aujourd'hui, j'ai discuté pour vous avec Brice Lalonde qui s'active avec le Global Compact et le World Business Council for Sustanaible Development pour organiser en mai le "Business and Climate Summit" et permettre aux entreprises de pousser les gouvernements vers un accord lors de la COP21.


Lorsqu'ils parlent d'environnement, les gouvernements commencent souvent par se tourner vers les entreprises : est-ce que ça ne va pas les rendre moins concurrentielles ? Est-ce qu'elles vont licencier ? Se délocaliser ? Et si, au contraire, le monde des affaires répondait : pas de problèmes, allez-y !
C'est un peu l'idée du Business and Climate Summit qui se tiendra à Paris les 20 et 21 mai : que les entreprises s'engagent à lutter elles-même contre le changement climatique, mais qu'en plus elles poussent les gouvernements vers un accord ambitieux lors de la COP21...

Les rencontres précédentes :

Vous recherchez d'autres événements ? Voici l'agenda de toutes les manifestions autour de la COP21.
Vous avez un projet et vous souhaiteriez apparaitre dans cette rubrique ? Parlez-moi en.

Vous avez aimé cet article ? N'en ratez aucun en vous inscrivant à la newsletter mensuelle.