28 nov. 2014

[Infographie] Entreprise, ONG, syndicats... qui sera à la conférence sur le climat de Lima (COP20) ?

La 20e conférence internationale sur le climat (alias COP20) s'ouvre dans quelques jours, le 1er décembre, à Lima. Comme chaque années vous entendrez à la télévision ou vous lirez dans vos journaux que de très nombreux délégués ont fait le déplacement pour participer aux débats sur le changement climatique : près de 20.000 sont attendus cette année !

Mais vous êtes vous déjà demandé qui sont ces gens ? Quel est le profil du participant à une conférence internationale sur le climat ?


Qui participe aux négociations internationales sur le changement climatique ?

En dehors des négociateurs, pour obtenir son billet d'entrée dans une conférence sur le climat, il faut représenter une organisation appartenant à l'un des collectifs reconnus par l'ONU. Par exemple le collectif dit BINGO (sic) constitué des entreprises et de leurs groupement, ENGO pour les organisations de protection de l'environnement, TUNGO pour les syndicats, LGMA pour les collectivités locales, etc.
La liste des organisations accréditées est disponible sur le site de l'UNFCCC. C'est une mine de renseignements pour se faire une idée des personnes qui arpentent les couloirs des conférences sur le climat.
Infographie - entreprises, ONG, syndicats... quelles organisations participent aux conférences de l'ONU sur le climat
(cliquez pour agrandir)

24 nov. 2014

#COP20Lima Suivez la conférence de l'ONU sur le climat comme si vous y étiez grâce à Twitter !

La 20e conférence des nations unies sur le climat s'ouvre le 1er décembre à Lima. Si vous n'avez pas la chance d'être sur place, vous pouvez tout de même suivre la conférence de l'intérieur grâce aux comptes Twitter des très nombreux participants à la COP20.
Vous pouvez suivre tous ces comptes d'un seul coup en vous abonnant à cette liste.

Disclaimer : Il n'est pas possible de mettre tout le monde... J'ai essayé de maintenir un bon équilibre entre quantité et qualité mais si vous avez des suggestions ou des bonnes adresses à proposer, n'hésitez pas !

17 nov. 2014

COP21 : Un accord sur le climat est-il possible en 2015 avec une majorité républicaine aux Etats-Unis ?

Paris Climat 2015/COP21 : un accord sur le changement climatique est-il possible ?
En novembre 2014, à l'occasion des élections de mi-mandat, Barack Obama a perdu sa majorité au Sénat. Les républicains, qui étaient déjà majoritaires à la Chambre des représentants, contrôlent désormais l'ensemble du Congrès. Cette cohabitation réduit fortement la liberté d'action du président américain sur tous les sujets qui ne font pas l'objet d'un consensus bipartisan. Parmi ceux-ci : le climat...
Or l'adoption d'un accord international sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre est l'enjeu principal de la conférence de Paris sur le climat (COP21) qui se tiendra en 2015. Comment la situation politique à Washington va-t-elle influencer les négociations climatiques ?


*Attention spoiler* S'il y a un traité à la COP21, ce sera sans les États-Unis


On voit se profiler un scénario somme toute classique depuis le traité de Versailles : le président américain s'engage dans les négociations et pèse fortement sur le résultat mais ne parvient pas à le faire ratifier, laissant un système international mort-né ou du moins en grand danger.
Déjà en 1997, le protocole de Kyoto a connu cette mésaventure : alors qu'il a été largement modelé pour plaire aux États-Unis (notamment avec le système de permis négociables), le président Clinton a été incapable d'en obtenir la ratification. Résultat : l'entrée en vigueur du protocole a été retardée jusqu'en 2004 et sa portée a été largement diminuée.

6 nov. 2014

[Article invité] Confession d'un climato-négationniste

J'ai lu récemment sur le site de l'association canadienne des rédacteurs scientifiques un article de Kasra Hassani, un ancien chercheur en microbiologie reconverti dans la santé publique. Il y raconte ses doutes sur le changement climatique. Le texte m'a paru intéressant et, avec l'autorisation de son auteur, je vous en propose la traduction. (L'article original est disponible ici).


Je suis scientifique, j'ai un doctorat en microbiologie et immunologie, et j'ai été un climatosceptique. Pour ma défense, j'étais un vrai climatosceptique, pas un sceptique a sens unique adepte de la cueillette de cerises. Les bons scientifiques sont sceptiques, n'est-ce-pas ? Je me suis appuyé sur cette conviction et, pendant assez longtemps, j’ai nié toutes les preuves qui m'étaient présentées.
C'est étrange, mais lorsque j'y repense, je suis tombé malgré moi dans presque tous les pièges de la pseudo-science. Je me suis aveuglé en répétant comme un credo "je n'y crois pas", "peu importe", "ce n'est pas mon problème"...
Heureusement, ce n’est plus qu’un souvenir. Il n'y a pas eu de rupture dans l'évolution de mes idées, de l'ignorance au déni puis au scepticisme et enfin à la reconnaissance, mais je peux malgré tout distinguer plusieurs phases qu'il me semble intéressant de décrire et de discuter. J'espère que mon expérience pourra aider d’autres personnes à prendre du recul sur leurs convictions et à être plus attentives aux arguments qui leur sont présentées... Voici donc les grandes phases de mon déni du changement climatique :

20 oct. 2014

Cotillons et rétrospective : Energie et Développement Durable dépasse le demi-million de lectures !

C'est sans doute négligeable par rapport au trafic quotidien brassé par les gros site du web mais toute de mêm un petit événement pour l'amateur : ce blog, qui a fêté le mois dernier ses trois ans, a été lu pour la 500.000e fois cette nuit.

Le premier article a été publié en septembre 2011. Très techniques, ces textes atteignaient alors un nombre de vue proprement faramineux : 153 en septembre, 241 en octobre, 211 en novembre... Mais se sont bien rattrapés depuis : beaucoup d'entre eux ont accumulés plus de 10.000 lectures et sont solidement installés en tête des résultats sur Google.

L'explosion du trafic a eu lieu l'année suivante : entre avril 2012 et avril 2013, le nombre de visiteurs est multiplié par 10. C'est aussi à cette époque que la "ligne éditoriale" change : je ne publie plus d'articles techniques mais des analyses sur les questions d'énergie et de développement durable. J'aborde des sujets d'actualité, parfois polémiques, en essayant de garder la pédagogie et la rigueur qui ont fait le succès des premières publications.
Ce choix est payant au moment où se lance le débat sur la transition énergétique : mes articles sont repris par des sites institutionnels et un vrai débat se crée dans les commentaires.

Depuis le blog a continué sur une croissance plus lente mais réelle (j'espère passer les 30.000 lectures par mois d'ici la fin de l'année) malgré un rythme de publication limité : tout juste 148 articles en 3 ans avec des périodes d'inactivités assez longues. Suivant mon évolution professionnelle, les sujets traités tendent à dépasser les questions énergétiques pour traiter plus largement de développement durable, de RSE et de solidarité internationale.



Et en pratique, ça donne quoi ? Voici cinq articles emblématiques de ces trois années :

14 oct. 2014

Les Haïtiens ont-ils été livrés au choléra pour préserver la pureté de leurs rivières ?

Le 12  janvier 2010, Port-au-Prince est ravagé par un séisme. Le bilan est de plus de 230 000 morts, 300 000 blessés et 1,2 million de sans-abris. Il s'ensuit une forte mobilisation humanitaire, mais en octobre 2010 des cas de choléra sont découverts dans le nord de Port-au-Prince. L’épidémie, la première en plus d’un siècle à Haïti, se propage très rapidement, en un an elle touche un demi-million de personnes et fait 6631 morts. Il faudra plusieurs années pour en venir à bout.

Derrière cette histoire tragique se cache un scandale révélé par le groupe d’experts indépendants mandaté par l’ONU pour découvrir l'origine de l'épidémie : selon toute vraisemblance, le vibrion cholérique est parti d'un camp de la MINUSTAH à Mirebalais qui abritait un contingent de casques bleus népalais via la contamination d'un affluent de l'Artibonite par des matières fécales.


Choléra, javel et principe de précaution : un scandale dans le scandale ?


Est-ce tout ? Non, si on en croit un article publié en 2013 par le chimiste et vice-président de l’Académie des sciences Bernard Meunier et repris récemment par le sociologue Gerald Bronner pour justifier son opposition au principe de précaution.
D'après eux, le traitement de l'eau au chlore aurait permis d’arrêter l'épidémie mais il a été retardé par crainte de l'impact environnemental de ce procédé : "Principe de précaution oblige, nous dit M. Meunier, de nombreux “responsables”, entourés de bouteilles d’eau importées, ont voulu protéger les populations haïtiennes, qui n’avaient que les rivières contaminées comme seules sources d’eau, des dangers de l’eau de Javel et des produits chlorés". Et M. Bronner de renchérir : "il fallut attendre 5 000 morts et un article de la revue Science qui tirait la sonnette d’alarme, pour qu’on en revienne à des considérations sensées. On purifia les eaux avec de l’eau de Javel et l’épidémie s’interrompit".
Cette histoire a connu un certain succès, apparaissant dans Valeurs actuelles, Le Figaro... et sur des sites web liés à l'industrie chimique.

Mais tout ceci est faux, pur fantasme, pure propagande comme l'a établi le Monde. Les documents des agences de l'ONU (OMS, UNICEF...) et les rapports des ONG montrent que la chloration des eaux a été une des premières mesures mises en place pour tenter de juguler l'épidémie. Quand à l'article de la revue Science évoqué à l'appui de cette thèse, il ne fait tout simplement aucune mention de l'usage du chlore.


Les pauvres, caution pour s'en prendre à l'environnement


On pourrait développer sur les scientifiques dévoyés, ou peut-être juste paresseux, qui prêtent leurs noms à ce type de fables, mais ce n'est pas le sujet (si vous êtes déçu, vous pouvez continuer en lisant cet article). Ce qui m'intéresse ici, c'est plutôt ce que cet épisode dit des liens entre humanitaire et environnement.

Le premier constat c'est que les activités humanitaires, et d'une manière générale les conditions de vie dans les pays les moins avancés, peuvent devenir un terrain d'affrontement dans la bataille idéologique entre pro- et anti-environnement.

Ce n'est pas vraiment une surprise. J'avais déjà observé ce raisonnement dans un ouvrage de la même facture que ceux cités plus haut : protéger l'environnement ce serait condamner les pauvres à rester sous-développés.
Il m'avait semblé suffisamment remarquable pour que je lui donne un nom : l'argument de la lampe à pétrole, par analogie au retour à la bougie : "Si nous décidons de nous passer de nucléaire/gaz de schiste/charbon [rayez la mention inutile] nous condamnons les africains à ne jamais accéder à une énergie moderne". Cet argument est puissant parce qu'il met en conflit deux idées généreuses : protéger l'environnement vs. aider les plus défavorisés. Si on peut à la rigueur accepter des sacrifices pour soi-même, comment en imposer aux autres surtout parmi les plus pauvres ?

Dans cette perspective, il est logique de tenter de montrer une contradiction entre la satisfaction de besoins essentiels et immédiats (santé, nourriture, eau...) et la préservation de l'environnement.


Que nous apprend cet épisode sur les liens entre environnement et humanitaire ?

 
Même si en l’occurrence tout est faux, cette contradiction peut parfois exister. Elle oblige alors à des choix difficiles mais pas ceux auxquels pensent MM. Meunier et Bronner. Dans une situation d'urgence humanitaire, personne n'envisage de protéger l'environnement au détriment de l'humain. Mais il faut parfois prévenir des dégradations irréversibles de l'environnement (désertification, épuisement des acquières, pollution persistante...) pour assurer à long-terme la survie des populations et leur développement. Une chose doit être bien claire : les humanitaires protègent la nature uniquement dans la mesure où cela participe à la protection des populations.

Et ici le principe de précaution a sa place. Il est curieux que M. Bronner qui traite justement de ce principe ne s'attarde pas sur l'origine de l'épidémie. En déversant des eaux usées insuffisamment traitées dans une rivière et en ne s'assurant pas que les casques bleus népalais n’étaient pas porteurs du vibrion cholérique, l'ONU a manqué deux fois au principe de précaution et c'est la conjonction de ces deux manquements qui a conduit à l'épidémie.
Ce que cet épisode démontre, à l'exact opposé de la thèse de M. Bronner, c'est que dans un contexte de crise comme celui qui a suivi le séisme de 2010, l'application du principe de précaution est un devoir absolu. Pourquoi ? Parce que les systèmes d'alerte et de prévention sont désorganisés, les capacités de réponses déjà débordées, la population est dans une situation précaire et qu'une négligence qui aurait pu être bénigne en temps normale dévient vite dramatique.

Et je ne peux pas terminer sans relever la mention des "bouteilles d'eau importées", aparté de M. Meunier manifestement destinée à jeter l'opprobre sur le personnel humanitaire intervenu en Haïti. J'aimerais le rassurer à ce sujet : Action contre la Faim utilise des filtres en céramique pour traiter l'eau de boisson de ses expatriés. Il peut venir le constater par lui-même, si toutefois la vérification de ses sources lui laisse un peu de temps : je pense qu'un séjour dans un contexte d'urgence humanitaire lui apprendrait beaucoup.

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Crédit photo : By Oxfam East Africa (Flickr: An Oxfam cholera prevention float) [CC-BY-2.0], via Wikimedia Commons

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9 oct. 2014

Charité chrétienne et engagements sociaux des entreprises, une mise en parallèle historique

Autour de l'an mille, l'Europe sort lentement de son age sombre. A une longue période marquée par la prédation et la loi du plus fort succède une ère plus policée. Une vraie révolution a lieu sous l'influence de l'église : porter secours aux plus faibles devient un devoir pour les riches et les puissants. Les abbayes et les seigneurs laïcs s'illustrent par leurs générosités, même les guerriers se muent en chevaliers au service de "la veuve et de l'orphelin".

Question iconoclaste : Cette évolution peut-elle être comparée avec celle qui, aujourd'hui, conduit les entreprises à s'engager pour le bien-être et le développement de leurs communautés ? Et dans ce cas, quelles leçons pourrait-on en tirer ?


Une intention généreuse mais une institutionnalisation difficile


C'est l'abbaye de Cluny qui est, autour de l'an mille, le point de départ de cette révolution. La règle bénédictine y prescrit de "réconforter le pauvre, vêtir celui qui est nu, secourir celui qui est dans la tribulation, consoler l'affligé".
Comment les moines mettent-ils en œuvre cet objectif général ? Par des règles très précises : l’aumônier prépare chaque jour 12 tourtes de pain de seigle de 3 kilos qu'il distribue aux nécessiteux qui se présentent, le moine grenetier doit fournir une livre de pain et une ration de vin au voyageur de passage et une demi-livre et une nouvelle ration de vin lorsqu'il quitte l’aumônerie, si le voyageur ne prévoit pas de revenir avant un an, il reçoit en outre un denier, enfin, si c'est un clerc, un rameau de buis viendra s'ajouter à ce viatique. Si on est en temps de pénitence, par exemple pendant le carême, les restes du réfectoire s'ajouteront à la ration standard, lorsqu'un moine meurt, sa part de nourriture est distribuée aux pauvres pendant 30 jours. Le samedi saint, chaque moine doit trouver un pauvre à qui laver les pieds et remettre 2 deniers. Etc.

6 oct. 2014

A quand le prochain Prix Nobel de la Paix pour le développement durable ?

Les progrès sociaux et la protection de l'environnement sont parfois récompensés  par le jury Nobel
Le nom du Prix Nobel de la Paix 2014 sera annoncé vendredi 10 octobre. La liste des quelques 278 candidats (nouveau record après les 259 de l'année dernière) est en théorie tenue secrète mais pour des raisons d'actualité ou de relations publiques, quelques noms ont fuités formant une espèce de liste à la Prévert de ceux qui ont marqué l'actualité de l'année : Edgar Snowden ou le pape François, Malala Yousafzai ou l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe, Claudia Paz y Paz ou Vladimir Poutine... Mais pour l'instant aucun signe d'un Prix dédié à la protection de l'environnement ou aux progrès des droits sociaux.


Prix Nobel de la Paix et développement durable


S'il est exact que le Prix Nobel de la Paix a longtemps été réservé aux diplomates et aux hommes d’État, depuis la fin de la Seconde guerre mondiale il n'est pas rare de le voir aller à des personnes ou à des organisations œuvrant pour ce que l'on appelle désormais le développement durable.

Tout le monde se souvient évidemment du Prix accordé à Al Gore et au GIEC en 2007 mais le cas n'est pas isolé. En 2004, c'est la militante écologiste kenyane Wangari Muta Maathai, inventeuse notamment du projet de Ceinture verte en Afrique, qui avait été récompensée. Autre exemple : le père de la Révolution Verte, Norman Ernest Borlaug, a reçu le Prix en 1970.
Côté social, on peut citer Muhammad Yunnus en 2006, l'Organisation Internationale du Travail en 1968 ou Léon Jouhaux, qui fût entre autre le fondateur de Force Ouvrière, en 1951.


Vers des Prix de plus en plus verts ?


En effet, la définition du Prix Nobel de la Paix n'exclut pas les initiatives dans les domaines sociaux et environnementaux.  En effet, il s'agit de récompenser, outre la "suppression ou à la réduction des armées permanentes", le "rapprochement des peuples" et la "propagation des progrès pour la paix". Pensez aux conflits autour de l'eau au Moyen Orient ou aux tensions pour l'accès aux ressources énergétiques et halieutiques des îles de Mer de Chine, aux tentations de dumping social d'un côté et de retour au protectionnisme de l'autre... De nos jours, bien plus sans doute que lors de l'attribution du premier Prix en 1901, la préservation de la paix passe par la protection des écosystèmes,  la gestion équitable des ressources naturelles et l'harmonisation des droits sociaux.

Et vous, quels sont vos pronostics pour le Prix Nobel de la Paix 2014 ?

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1 oct. 2014

Responsabilité sociale et environnement dans l'humanitaire : ACF publie ses engagements et son expérience

Une fois n'est pas coutume, cette article assume l'autopromotion... Voici un peu plus de trois ans que je travaille sur la responsabilité sociale et environnementale d'Action contre la Faim - il s'agit d'une des toutes premières démarches de ce type dans le secteur humanitaire et en tous cas de la première en France. Lorsqu'elle s'est ébauchée autour de 2010, l'organisation a choisi d'être prudente dans sa communication : il s'agissait d'améliorer réellement le fonctionnement d'ACF, pas de se repeindre en vert à bon compte.
Après plusieurs années de travail, nous avons aujourd'hui une démarche RSE solide et bien ancrée dans l'organisation. Notre expérience commence à intéresser d'autres organisations qui se lancent dans la réflexion et, parfois, l'action. Dans ce contexte, Action contre la Faim a enfin décidé de créer une page consacrée à la responsabilité sociale et à l'environnement dans l'humanitaire sur son site.

De nombreux documents vont y être publiés, y compris les engagements pris par ACF, des résultats d'études notamment de bilans carbones et des synthèses techniques et des retour d'expérience sur la mise en place concrète de projets.

N'hésitez pas à y jeter un coup d’œil pour comprendre pourquoi même une organisation humanitaire doit veiller à ses performances sociales et environnementales et surtout commente faire.
Et si vous souhaitez soutenir ce travail, vous pouvez le faire connaitre et le partager via les les réseaux sociaux.


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12 sept. 2014

Les rennes de St Matthews, Malthus et nous

Rennes de l'ile Saint Matthews : une catastrophe malthusienne ?Connaissez-vous l'histoire des rennes de l'île de St Matthews ?

En 1944, les gardes-côtes américains décident d'établir une station radio sur cette ile isolée de la Mer de Berring. Une vingtaine d'hommes y sont installés, ils apportent avec eux 29 rennes destinés à agrémenter l'ordinaire en leur fournissant de la viande. Cependant la station radio est rapidement démantelée et les rennes, qui ont échappé à la boucherie, sont abandonnés sur place.
En 1957, des chercheurs visitent l'île. Ils découvrent avec surprise qu'elle abrite une imposante colonie de rennes. Il n'y a aucun prédateur sur l'île et elle riche en lichen, un des aliments favoris des rennes : les 29 animaux débarqués 13 ans plus tôt se sont multipliés sans entraves et la population atteint désormais 1350 individus, tous bien portant.

1963, nouvelle visite. Ce sont désormais 6000 rennes qui occupent l'île. Mais les lichens ont pratiquement disparus et la colonie se nourrit désormais d'herbe.
Trois ans après, une nouvelle expédition trouve l'île jonchée de cadavres : seuls 42 rennes sont encore vivants. En quelques mois, la population s'est écroulée de 99%. Les rennes de l'île de St Matthews ne s'en remettront jamais : ils s'éteindront totalement dans les années qui suivent.