De la psychologie du climato-sceptique et de l'art de lui répondre

Il m'arrive assez régulièrement de trouver sur ce blog des commentaires qui mettent en doute l'existence du réchauffement climatique ou le rôle des émissions de gaz à effet de serre d'origine humaine dans ce changement. Cela va du simple troll jusqu'à de longues argumentations auxquelles l'auteur -presque toujours anonyme- a manifestement consacré du temps.
Pendant longtemps, j'ai regardé ces messages avec amusement. Et aussi un peu de curiosité : Qui sont ces inconnus qui arpentent le web pour faire partager leur lubie ? Qu'est-ce qui peut bien les motiver ? Et puis, il y a quelques mois, je me suis décidé à répondre à ces commentaires. Non parce que j'espère convaincre leurs auteurs mais parce que je ne veux pas laisser le champ libre à la désinformation sur mon blog, même dans les commentaires.

En même temps que je menais cette petite guérilla, je me suis penché sur la psychologie et les méthodes du climato-sceptique (qui, figurez-vous, sont des sujets de recherche tout à fait sérieux). Je vous propose dans cet article une rapide synthèse de ce que j'ai appris, à la fois par la pratique et au travers de ces recherches. Avec l'espoir que cela puisse être utiles aux blogueurs, journalistes, community managers ou autres qui font face aux mêmes personnes.


Climato-sceptique ou climato-négationniste ?


D'abord il convient de bien nommer les choses : ici on ne parle pas de doute scientifique (demander des preuves avant d'adopter une opinion) mais au contraire de personnes qui ont déjà une opinion arrétée et qui évaluent la validité des arguments scientifiques en fonction de leurs convictions. Le "climatosceptique", paradoxalement, n'est en général pas un sceptique : il est certain d'avoir raison et le doute dont il se réclame ne s'applique qu'aux thèses qu'il rejette.
Pour faire cette distinction, l'anglais a deux termes climate skeptic et climate denier. Le second pourrait se traduire par "négationniste du climat", une expression qui n'a pas encore fait son chemin en français mais qui reflète bien la réalité du phénomène : comme  le négationiste historique, le négationniste scientifique défend une thèse manifestement erronée ("le changement climatique n'existe pas", "l'homme a été crée il y a 6000 ans", "il n'y a pas de lien entre HIV et SIDA", "les vaccins causent l'autisme", etc...), malgré un consensus scientifique écrasant soutenu par de nombreuses preuves.

Evidemment, si on laisse de coté les quelques individus qui y ont intéret personnel ou professionnel, le négationnisme scientifique parait incompréhensible : qu'est-ce qui peut bien pousser un individu, qui généralement n'a pas les moyens d'effectuer ses propres recherches, à adopter et défendre une opinion à l'encontre du consensus scientifique ?
Cette question a fait l'objet de plusieurs études qui tendent à montrer que le négationnisme scientifique, comme le négationnisme historique, est généralement d'origine idéologique. On peut citer, par exemple, l'experience conduite par l'Université de Washington : des cobayes reçoivent une coupure de presse présentant un rapport sur le changement climatique, ils sont ensuite invités à évaluer cette menace. Il existe deux versions de l'article qui décrivent dans les mêmes termes la hausse des températures, le rôle de l'homme et les risques en cas d'inaction, la seule différence se trouve dans les conclusions : la première version recommande la régulation des émissions de dioxyde de carbone, la seconde plaide pour une déréglementation de l'industrie nucléaire. Résultat : les lecteurs de tendance libérale-conservatrice auxquels on a soumis la version "régulation" voient dans le changement climatique un danger moindre que ceux qui ont reçu la version "nucléaire", en fait ils l'évaluent même en dessous du groupe de contrôle (qui n'a lu aucun des deux articles). En d'autres termes, l'information reçue est inefficace lorsqu'elle est associée à une recommandation à laquelle le lecteur n'adhère pas, elle a même tendance à être contre-productive...

Pour le négationniste, consciemment ou non, une information scientifique ne peut être correcte que si elle est en accord avec sa représentation de soi et du monde. On parle pour décrire ce phénomène de lyssenkisme (du nom du biologiste soviétique Trofim Lyssenko qui crut pouvoir appliquer la lutte des classes à l'agronomie).
Parce qu'il est lyssenkiste, vous ne pourrez jamais convaincre un climatosceptique par un argument scientifique : en réalité, même s'il place la discussion sur le plan scientifique, ses objections sont d'ordres politiques, morales ou religieuses...


Comprendre les stratégies pour y répondre


Si vous voulez quand même lui répondre, sachez que dans la plupart des cas votre interlocuteur ne cherche pas à étayer son opinion mais à affaiblir la votre. Selon une vieille stratégie théorisée par l'industrie du tabac il y a plus d'un demi-siècle, il s'agit de créer du doute... Pour cela, il peut recourir à trois méthodes : il peut soit 1) mettre en doute l'existence même d'un consensus scientifique, 2) attaquer les personnes (vous, les scientifiques, les institutions, etc.), 3) remettre en cause directement la théorie scientifique.
Si vous parvenez à classer les arguments de votre interlocuteur dans une des ces catégories, vous pourrez plus facilement y répondre :

  1. S'il met en doute le consensus

    La technique est assez simple, on pourrait résumer ainsi : "Je ne suis pas scientifique mais je sais qu'il existe des chercheurs qui doutent du réchauffement climatique. Attendons que le débat soit clos avant d'agir." Une compilation de la littérature conservatrice aux États-Unis a montré que c'est l'argument le plus souvent utilisé pour nier le changement climatique.
    Que répondre ? D'abord, on peut rappeler que 500 ans après la première circumnavigation, il existe encore un certain nombre de personnes convaincues que la Terre est plate : l'unanimité est hors de portée quel que soit le sujet... Mais ce n'est pas l'unanimité qui définit une certitude scientifique, c'est l'existence de nombreuses preuves convergentes (en théorie des sciences, on parle de consilience) en particulier lorsqu'elles sont partagées par des scientifiques issus de plusieurs disciplines et de différentes origines géographiques. Ce qui est le cas pour le changement climatique.
    D'un point de vue plus terre à terre, de nombreuses études ont tenté d'évaluer l'existence ou non d'un consensus sur le changement climatique dans la communauté scientifique. Avec des méthodologies différentes (sondage, revue des publications, étude des prises de parole publiques...), elles sont toutes parvenues à un constat similaire : le consensus scientifique est de l'ordre de 97% depuis le début des années 90 (voir ici, ici, ici ou ici, entres autres).

  2. S'il s'attaque aux personnes

    Quel que soit le sujet, si vous pensez avoir raison contre 97% des scientifiques et 80 académies nationales des sciences, il faut bien que, en dépit des apparences, tous ces gens soient des idiots et/ou des conspirateurs. C'est pourquoi l'attaque ad hominem est pratiquement une figure obligée de tout discours négationniste. On en trouve de multiples avatars : des attaques ciblées contre certains chercheurs (le cas de Michael Mann est emblématique mais loin d'être unique) ou contre des figures médiatiques (Al Gore, par exemple), contre le GIEC ou les climatologues en général, voire tout simplement contre vous... Ces attaques ne se limitent pas à quelques commentaires de blogs : elles peuvent prendre la forme de procès abusifs, de plaintes auprès des autorités académiques, de diffamations, de piratages informatiques, de menaces, etc. (Lewandowsky et al., 2013) Et ça marche... il en résulte une forme d'autocensure qui a conduit les climatologues à ne pas publier leurs prévisions les plus pessimistes (Brysse et al., 2013).
    Que répondre ? Attaquer les personnes faute de pouvoir réfuter les idées est un recours traditionnel de l'obscurantisme, ne vous y laissez pas entraîner. Essayer plutôt de ramener la discussion dans le champ scientifique : la qualité de travaux ne dépend pas de leurs auteurs mais de leur contenu. Vous pouvez au passage rappeler que la liberté académique, c'est-à-dire la possibilité de conduire des recherches et d'en rendre compte même si elles déplaisent à tel ou tel groupe politique, économiques ou religieux, est indispensable au progrès scientifique (et, accessoirement, garantie en France par le Conseil Constitutionnel et le Code l'Education).

  3. Si son objection est d'ordre scientifique

    Ici, on a que l'embarra du choix : il peux s'agir de contester les données et les observations ("le réchauffement a cessé en 1998", "les mesures de température ne sont pas fiables", "les glaciers progressent"...), de mettre en doute les modèles ("on ne sait pas prévoir le temps qu'il fera dans deux semaines", "le GIEC a revu ses prévisions"...), de proposer des théories alternatives ("le soleil est responsable du réchauffement climatique", "ce sont les rayonnements cosmiques", "les volcans", etc.). Malgré leurs variétés, ces arguments reposent souvent sur la même chose : une méconnaissance du sujet, des raisonnements fallacieux (paralogisme, tautologie, fausse analogie, faux dilemme, etc.) et/ou un choix de données orienté - ce que les anglophones appellent "cherry picking".
    Que répondre ? Même si vous voyez les erreurs de votre interlocuteur, je vous conseille de partir du principe qu'il est de bonne foi et que lui-même pense que son argument est valide : plusieurs ressorts psychologiques, comme le biais de confirmation, peuvent expliquer que des personnes d'ordinaire rigoureuses acceptent un raisonnement faux. Expliquez l'erreur et faites preuve de pédagogie. Pour vous aider, vous pouvez trouver ici (en anglais) des réponses détaillées à la plupart des arguments climatosceptiques.


Quelques conseils pratiques


Avant de répondre à un climato-sceptique (ou à un négationniste scientifique, quel que soit le sujet), surtout sur internet, vous devez avoir conscience :
  • Que c'est un combat inégal : vous avez face à vous le plus souvent un anonyme, dont l'objectif n'est généralement pas de montrer qu'il a raison de mais de faire croire que vous avez tort, ce qui lui permet notamment de se contredire sans sourcilier d'une ligne à l'autre et de crier victoire si votre position varie d'un iota.
  • Mais que vous n'êtes pas seul : identifiez les passages clés de l'argumentation de votre contradicteur et passez-les à la moulinette d'un moteur de recherches, vous pourrez ainsi en déterminer l'origine et voir si d'autres ont déjà répondu. Si c'est le cas, n'hésitez pas à renvoyer vers les réponses existantes.
  • Que vous êtes maître de la discussion : soyez celui qui pose les questions, qui oriente les échanges, donne le ton... Une fois dépouillé du vocabulaire pseudo-scientifique, un "argument" climatosceptique se réduit en général à une série d'affirmations vagues et embrouillées, ne faites pas l'erreur d'essayer de répondre en fonction de ce que vous pensez avoir deviné de la position de votre interlocuteur. Commencez plutôt par lui faire énoncer de façon claire (et si possible sourcée) quelle est sa thèse, ensuite vous pourrez argumenter sans chasser des fantômes. A ce moment-là, il changera souvent de sujet ("Expliquez-moi plutôt pourquoi etc."), à vous de garder une discussion suivie et centrée sur le sujet initial.
  • Que vous ne vous adressez pas à votre interlocuteur mais aux autres lecteurs : résistez à la tentation de forcer le trait ou d'amener la discussions sur un plan personnel (les qualifications du commentateur, ses motivations...), contentez vous de démonter son raisonnement ou les faits qu'il avance de façon aussi précise et rigoureuse que possible.

Bonne chance !



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14 commentaires :

  1. "le consensus scientifique est de l'ordre de 97% depuis le début des années 90"

    Vous vous gardez bien de préciser à propos de quoi : le "consensus sur le changement climatique", ça ne veut RIEN dire. Le climat change tout le temps - seuls les réchauffistes affirment le contraire!

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    1. Vous avez parfaitement raison. Puisque vous m'en donnez l'occasion, je précise ce qu'il faut comprendre par "consensus sur le changement climatique" dans cet article :

      1. La température moyenne du système climatique augmente (atmosphère mais aussi hydrosphère, cryosphère, etc.) depuis un siècle,

      2. L'émission de gaz à effet de serre par les activités humaines est le principal déterminant de ce réchauffement,

      3. Et, en particulier, il ne peut pas s'expliquer par la variabilité naturelle du climat sur l'échelle de temps considérée.



      Bien sur, les définitions utilisées dans chacune des études varient légèrement. Pour plus de détails, vous pouvez lire les 4 publications que je cite en référence à ce sujet.



      Quant à la variabilité naturelle du climat, rien de bien nouveau : elle est connue depuis le XIXe siècle (comme l'effet de serre et le rôle du dioxyde de carbone, d'ailleurs) et reconnue, pour autant que je sache, par tout le monde. C'est d'ailleurs le sujet d'une série d'articles que je publie à partir d'aujourd'hui et que je vous invite évidemment à lire.

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  2. Est-ce que vous connaissez ces livres qui documentent de manière très convaincante les manipulations du climat dans le passé et dans le présent: Arming Mother Nature de Jacob Darwin Hamblin; Fixing the Sky, de James Rodger Fleming; Planet Earth de Rosalie Bertell. Dans ces ouvrages, les interventions des militaires dans la météo/ le climat sont documentés en détail. Qu'en dites-vous? Avez vous lu ces livres? Après la lecture de ces ouvrages scientifiques, on ne peut que devenir "climato-sceptique". Car il devient évident, que la politique du climat "réchauffiste" est de toute évidence une construction de mensonges délibérés. Je suis très curieuse de votre réponse.

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    1. Bien sur et les glaciers, la banquise qui fondent à vue d’œil ça n'existe pas. Les températures de plus en plus élevés ça n'existe pas, le niveau de la mer qui monte d'année en année c'est une idée fausse. Alors bien sur, l'homme n'y est pour rien, ce sont la nature, les animaux les responsables!!! Vous vivez sur quelle planète et surtout vous ne voyager jamais, simplement en France sur la cote ouest et vous remarquerez que le niveau de la mer a augmenté tout simplement en remarquant que les plages sont de plus en plus réduites la majorité du temps et cela en un peu moins de 30 ans.

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    2. Bonjour,

      Non, je ne connais pas ces livres.
      Du coup, j'ai un peu du mal à vous suivre. Qu'est-ce que vous avancez exactement ? Que le changement climatique existe mais qu'il est causé volontairement ?

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    3. Je n'ai pas particulierment aimé votre article Thibault mais je dois reconnaitre que vous êtes sûrement moins "borné" que ce que j'avais d'abord imaginé, puisque vous prenez la peine de répondre à ça. Chapeau.

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  3. Cette affaire de climato-négationnisme est encore un exemple de l'estomaquant cynisme des libéraux et autres libertariens immatures. Pour leur misérable idéologie, ils sont prêts à nier la réalité scientifique et même par leur activisme à contribuer à envoyer l'humanité dans le mur. Surtout pas de lutte contre le RC, cela impliquerait régulations et taxes diverses, horreur ! De toutes façon pourquoi ils s’inquièteraient, ils ne seront probablement plus là quand le climat commencera sérieusement à être chaotique... Le moto du libéral : "Après moi, le déluge."

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  4. Un documentaire interessant de Laure Noualhat http://fife.iledefrance.fr/toute-selection/climatosceptiques-guerre-du-climat vient d'etre diffuse hier sur Arte, les climate sceptiques beneficient de pres d'un milliard de financement / an (principalement par l'industrie du petrole)...
    Chris

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    1. A comparer aux 100 milliard réclamés par les rechauffistes lors de la cop21. Je ne voient pas çe qu'il y de choquant à ce que l'industrie du pétrole finance en partie des scientifiques qui pensent différemment. Cela marche dans les deux sens. EDF finance par exemple la fondation de Nicolas Hulot. Or EDF créé de l'électricité par le biai de l'énergie nucléaire, qui est une alternative aux énergies fossiles qui émettent beaucoup de CO2. Logique et pas choquant non plus.

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  5. C'est marrant mais mis à part le passage sur "la mise en cause du consensus scientifique" (qui est d'ailleurs d'une mauvaise fois à couper le souffle), cet article aurait très bien pu être écrit par un climatosceptique qui l'aurait intitulé. "De la psychologie du rechauffiste et de l'art de lui répondre". En bref c'est pas utile utile comme intervention sans vouloir être trop désagréable.
    Je précise que je ne suis ni dans un camps ni dans l'autre. Je suis juste agacé par le fait que des gens trop persuadés d'avoir raison (oui oui je parle bien des "rechauffistes" ) aimeraient empêcher d'autres personnes (je parle ici des "sceptiques" qui désolé mais par définition de sont pas persuadés d'avoir raison, ils doutent et ce n'est pas interdit bien au contraire) de s'exprimer.
    C'est d'ailleurs à cause de cette violence et de cette volonté (trop) farouche de faire taire des gens qui ne sont pas d'accord, qui m'empêchent d'adhérer complètement au consensus et qui me fait m'interroger. En effet vous conviendrez qu'il ne viendrait à personne l'idée de remettre en cause la théorie de la relativité d'Einstein pour la simple et bonne raison qu'elle est vérifiée par l'expérience. Des "négationnistes de la relativité" seraient dans le pire des cas considérés comme des idiots et plus probablement pas considérés du tout et simplement ignorés. Or vous ne me contradirez pas sur le fait que les climatosceptiques vous agacent au plus haut point pour la simple et bonne raison que vous même êtes incapables (cet article l'illustre d'ailleurs plutôt bien cette incapacité) de leur clouer le bec en leur démontrant pas a+b qu'ils ont tord.
    En bref le malaise qu'il y a autour de ces climatosceptiques n'est pas anodin je pense. Et n'allez pas expliquer ce malaise, en le comparant (oui oui j'ai déjà vu ça aussi incroyable que cela puisse paraître, c'est un argument qui revient souvent chez les rechaufistes) avec celui créé par les négationnistes de la Shoah par pitié. On parle ici d'un débat scientifique sur l'origine anthropique ou non, de l'augmentation de la température moyenne du globe. Pas de l'extermination anthropique de l'homme. Même si d'après NKM, prendre ma voiture tous les jours pourrait créer des typhons en Indonésie, le GIEC l'a sûrement déjà démontré je suppose, alors ça doit être vrai.

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    1. Bonjour,

      Il y a un peu à boire et à manger, mais en bref : je suis plutôt d'accord avec vous.

      Je suis d'accord que les "arguments" que j'essaie de décortiquer ici peuvent être utilisées aussi bien dans les deux camps. A la limite, c'est même la définition d'une méthode de manipulation : vous pouvez l'utiliser pour montrer une chose et son contraire. Certaines personnes revendiquent même le droit de retourner contre les "anti" leurs propres armes.
      En ce qui me concerne, je crois que le plus important est de ramener la discussion au fond et à la littérature scientifique. Je ne crois pas au "lobbying for good" ou à ce genre de chose, je pense qu'elles ne peuvent que tirer le débat vers le bas. Et c'est bien ça le vrai sujet selon moi : la manipulation de la science, quel qu'en soit le sens, affaiblit l'institution elle-même.

      Ce qui m'amène à votre deuxième point, sur lequel je ne suis pas d'accord : Est-ce que vous croyez vraiment que vous seriez capable de démontrer par a+b la relativité générale ? Et si ce n'est pas le cas, pourquoi la tenez-vous pour vraie ?
      En fait, si vous y réflechissez, il y a très peu de choses que nous sommes capables de démontrer ou de vérifier par nous même. L'essentiel de ce que nous savons nous a été transmis par quelqu'un qui nous semblait légitime et nous l'avons accepté.
      C'est normal et c'est bénéfique : ne serait-ce que pour comprendre la science qui se cache derrière les objets que j'utilise au quotidien, il me faudrait plusieurs vies d'études. J'accepte donc que des gens en sachent plus que moi et eux-même acceptent que j'en sache plus qu'eux sur d'autres sujets, et en travaillant ensemble dans cette ignorance mutuellement consentie on fait avancer notre société.

      Maintenant, si la confiance est à ce point affaiblie que je me sens obligé de douter de tout ou si on construit un système dans lequel les convictions du premier venu sont aussi légitimes que le savoir disponible, comment on fait ?

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    2. En fait je ne doute pas de la relativité d'Einstein car j'allume mon GPS tous les jours pour aller au boulot si vous voulez. Quelqu'un qui oserait me dire que c'est un coup de chance si les horloges de mon GPS et du satellite qui le guide sont sychronisés aurait droit légitimement d'être traité de la même manière que le sont les climatosceptiques actuellement. Je suis incapable de démontrer la théorie mais il serait stupide de croire qu'elle est fausse du moins à l'échelle humaine qui est la nôtre. Or de mon point de vue l'erreur des rechauffistes est de croire que parce qu'ils représentent le consensus, les théories alternatives n'ont pas le droit d'exister. J'ai vu d'après votre profil que vous possédez un bagage scientifique solide et que vous, au moins autant que moi, êtes capable d'apprécier dans leur globalité des études scientifiques diverses. Je ne vous parle pas d'appuyer ou d'infirmer ces théories, mais simplement de les comprendre assez pour pouvoir s'interroger. Ne pas simplement admettre que certains sont meilleurs que nous et leur faire confiance parce que dans le cas contraire de toute façon on est sûrement un "conna...."
      Eh bien figurez vous que certaines des ces théories sont réellement passionnantes et proviennent de scientifiques qui seront sûrement qualifiés de climatosceptique (quand on les traite pas de négationnistes alors qu'ils n'ont souvent rien demandés les pauvres) parce que leurs résultats sont différents de ce qu'ils DEVRAIENT ??? être. De plus ces scientifiques sont souvent automatiquement considérés comme "de seconde zone" ( ca arrange bien ceux qui n'y regardent pas de plus près et qui n'en n'ont pas envie peut être) sauf qu'encore une fois il n'en est parfois rien. Des membres fondateur du GIEC et climatologues émérites font même partie de ceux là. Tout ça ( oui c'est fouilli je sais mais j'écris comme ça vient et je ne suis absolument pas habitué à répondre de la sorte sur ce genre de blog ou forum.) parce que quelques événements récents que je trouve inadmissibles me poussent à intervenir aujourd'hui allez savoir pourquoi.

      Vous placez votre confiance en certaines personnes et sûrement à raison d'ailleurs. Mais laissons ceux qui ne la place pas au même endroit que vous s'exprimer c'est la moindre des choses. Et je trouve que ce n'est pas le cas. Si vous en voulez une preuve tapez "climatosceptiques" dans Google et vous lirez quasiment en majorité des articles qui démontent les individus eux-meme et non leur idées ce qui n'est pas correct voir pas normal, et presque suspect du point de vu qui est le mien, neutre pour l'instant. Ces gens là n'offencent personne. De plus il ne remettent en cause aucune théorie scientifique selon moi. Les "prévisions" du GIEC ne sont pas fiables et varient à chacun de leur nouveau rapport. J'irai même jusquà dire que le GIEC lui même n'est pas irréprochable loin de là, dans sa manière de traiter ses propres données , publications ainsi que dans sa communication souvent très orientée pour ne pas dire mensongère. Je ne suis spécialiste de rien, mais aucun spécialiste du GIEC n'a jamais fait l'effort dans aucun média, de m'expliquer pourquoi parle t'on de réchauffement global lorsque la banquise font à un pôle alors qu'elle se forme d'autant à l'autre pôle (je n'invente rien c'est la réalité) et surtout en quoi l'homme est responsable d'un tel phénomène.

      Voilà mon argumentation n'est pas structurée c'est sur mais elle à au moins le mérite d'exprimer mes doutes, et mon envie de pourvoir les exprimer sans qu'on me regarde "de travers", m'invective ou autre.

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    3. A chaque fois que j'ai eu l'occasion de discuter avec des climatologues, j'aitrouvé des gens ouverts et contents de pouvoir parler de leurs travaux. Je suis presque sur que si vous envoyiez vos questions à des membres français du GIEC (les mails se trouvent facilement), ils vous répondrez.
      La relation scientifiques-médias, c'est un autre problème. Les formats médiatiques sont généralement incompatibles avec le niveau de précision et d'objectivité que l'on attend d'un chercheur. C'est pourquoi beaucoup d'entre-eux sont réticents à s'y exprimer (et que les rares qui acceptent se font généralement marcher dessus par des gens qui connaissent beaucoup moins bien le sujet mais maitrise mieux les codes de l'exercice).

      Ceci-dit sur les deux points que vous soulevez à la fin :

      - Pourquoi parle t'on de réchauffement global lorsque la banquise font à un pôle alors qu'elle se forme d'autant à l'autre pôle ?

      En fait seul l'Antarctique Est gagne de la glace, à la fois banquise et calotte glaciaire, mais ces gains ne suffisent pas à compenser les pertes enregistrées ailleurs au pôle sud. Pour le pôle nord, les pertes sont encore plus nettes. (voir Shepherd, 2012 pour plus de détails)
      Pourquoi est-ce que l'Antarctique Est gagne de la glace ? En tous cas pas parce qu'il y fait plus froid : la température de l'air et de l'océan y augmente comme partout ailleurs (Zhang, 2007, par exemple relève ce paradoxe).
      L'explication généralement proposée est double : d'une part, une augmentation du vent et une modification de la circulation océanique qui favorisent le gel de l'océan et d'autre part une augmentation des précipitations et donc de la formation de glace sur le continent.

      Une remarque pour terminer : "réchauffement global" signifie que la température augmente en moyenne, pas qu'elle augmente partout. Même si ce n'est pas le cas en l'occrence, on pourrait très bien avoir un réchauffement global alors même que certaines régions se refroidissent.

      - En quoi l'homme est responsable d'un tel phénomène ?

      Pour celle-la, il y aurait beaucoup à dire... Mais dans les grandes lignes : Certains gaz, dont la vapeur d'eau et le dioxyde de carbone, ont la capacité d'intercepter une partie du rayonnement infrarouge émis par la Terre et ainsi de réchauffer la surface. C'est quelque chose que l'on sait depuis longtemps (le mécanisme a été décrit pour la première fois par Fourrier en 1824) et que l'on vérifie facilement dans un laboratoire.
      Depuis que nous avons commencé à utiliser massivement du charbon il y a deux siècles, nous avons rejeté tellement de dioxyde de carbone que sa concentration dans l'atmophère a augmenté de 40% (et que sa composition isotopique a varié de telle sorte que nous somme surs qu'il s'agit bien de "notre" carbone). Mécaniquement, cela modifie le bilan énergétique de la planète et, toutes choses égales par ailleurs, la température moyenne monte.

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    4. Sur la question du climat, je n'ai pas encore choisi mon camps, et certaines positions scientifiques m’échappent.
      Adhérer maintenant a l'un ou l'autre reviendrait a adhérer a une croyance dogmatique:

      1- Complot: Tous pourris! Si les médias de masse, contrôlés par l'oligarchie, diffusent ce message, il y a forcement des bénéfices pour les multinationales. Et c'est surement pure invention.

      2- Approximation: On est tellement nombreux, c'est sur qu'on a un impact.


      Et dans tout ça alors... Comme vous dites, on s'en remet a la science. Mais il reste autant dogmatique de s'y remettre aveuglement.
      Pour que que l'on se soit intéressé a l'histoire de la Science, on se rend compte qu'en chaque période le "consensus" scientifique général, sur des questions d’intérêts financiers ou religieux, a été incroyablement manipulé. Pour reprendre votre mention des adeptes de la Terre plate, je rappelle qu'en son temps Galilée et d'autres comme Copernic, ne faisaient pas partie de ce consensus qui clamait haut et fort la platitude de la Terre au milieu d'un système géocentrique (a grand renfort d'argument scientifiques de l’époque).

      Qui nous dit qu'aujourd'hui les académies scientifiques, ne subissent pas une nouvelle "Inquisition" de la part des lobbys industriels ?
      Une grande partie de la communauté scientifiques se plaint du manque de libertés dans les domaines de la physique fondamentale par exemple, ou en dehors de la recherche sur la théorie des cordes, vous ne trouverez aucun financement. ou encore la communauté médicale qui se plaint aussi énormément du manque de latitude dans les recherches. Que ce soit contre le cancer, ou dans la nature virale du sida.

      Sans me prononcer sur le VIH, j'ai personnellement étudiés les différents tests de dépistage qui font le "consensus" (ELISA, western blot, PCR, QC-PCR, bDNA-PCR). Figurez-vous que les sceptiques ont tout a fait raison. Aucun de ces tests n'est spécifique ou fiable.
      Pour preuve, en Afrique il suffit d'avoir 2 bandes sur 10 pour être considéré séropositifs, en France 3, et en Australie 4. Donc si vous avez le sida au Niger, allez a Sydney, vous êtes sain.

      Bref, pour en revenir au climat, on comprend bien que des intérêts financiers influencent lourdement le consensus scientifique depuis l'invention de la science. Car l'homme est ainsi fait qu'il cherche a manipuler le système environnant pour améliorer son sort.
      De plus, lorsque l'on présente ce chiffre de 97% des scientifiques, il faut être prudent. Que veut dire scientifique?
      Surement une personne travaillant pour une institution scientifique. Dont la notoriété va de pair avec la probabilité d'influence externe.

      Vous l'aurez compris, le consensus n'est en aucun cas une preuve de quoi que ce soit. Cela reviendra a affirmer que la science n'a jamais fait d'erreur.
      L'erreur est d’adhérer aux 3% restant par dogme plutôt que par scepticisme scientifique.
      En outre, une autre erreur est d'obligatoirement considérer ces 3% comme adeptes des dogmes.

      Les gens qui n'ont pas raison ont le droit de s'exprimer quand même. Car leurs doutent amènent souvent a la lumière des zones jusque la restées dans l'ombres.
      Par exemple en critiquant le lobbying climatique, on pourrait s'apercevoir que certaines personnes sont en train d'utiliser un changement climatique (peut-être vrai) a des fins lucratives personnelles.

      Le débat est toujours bon. Ce n'est pas tant la conclusion que l'argumentaire qui est important. Car même si la conclusion est hâtive, l'argumentation, si elle est pertinente, peut toujours amener a plus de vérité.

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